Conakry, le Lundi 14 Juillet 2008
Il n'est plus une surprise pour personne de voir que la recomposition du paysage politique issue des évènements de Janvier et Février 2007, continue à montrer de grands bouleversements dans le pays.
En effet, cette volonté populaire de changement que le peuple a exprimé lors de ces évènements se matérialise tous les jours par la prise de responsabilité des citoyens et leur participation désormais active dans la vie publique de la nation.
Cette implication du citoyen normal en général et celle des jeunes et des femmes en particulier, montre que désormais les choses ne seront plus comme avant. Le pays ne sera plus gérer comme avant, les politiciens ne feront plus ce qu'ils veulent, les fonctionnaires et représentants du peuple auront à rendre compte de leur gestion.
Cette volonté du changement montre également qu'il n'y a plus de chasse gardée d'un clan ou d'un parti ou encore moins d'une ethnie dans une région quelconque de ce pays.
Ce constat est clair et sans équivoque. Désormais, il est inconcevable de penser que Dubréka soit juste réservé au PUP. Ce parti qui pensait être enraciné pour l'éternité dans cette localité en raison du fait que le village présidentiel s'y trouve, se voit totalement déstabiliser par l'Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG).
La force de ce changement de vision n'est pas venue de personnes étrangères à Dubréka. Non, ce changement vient de notabilités mêmes de Dubréka qui décident de quitter le PUP pour rejoindre l'UFDG et de contribuer à l'avènement d'une nouvelle ère politique.
Cette réalité, on la retrouve à Boké avec la démission de 9 personnalités hors du commun du Bureaux Fédéral PUP de Boké pour non seulement rejoindre les rangs de l'UFDG, mais aussi et surtout prendre des postes de responsabilité dans ce parti pour la conquête prochaine du pouvoir. En tête de liste des démissionnaires, on notera le nom de l'Honorable El Hadj Aly Boniya CAMARA, Ex Député-Maire PUP de Boké.
Au lendemain des évènements de Janvier et Février 2007, on disait que le PUP est mort. Aujourd'hui avec la déstabilisation de Dubréka et de Boké, non seulement on peut dire que le PUP est enterré, mais aussi et surtout que c'est à la fois les fiefs et du Président de la République et de celui de l'Assemblée Nationale qui basculent à l'UFDG.
Le peuple de Guinée assiste donc à un fantastique passage de relais entre la présidence des deux premières institutions de la République et celle de l'UFDG pour la construction d'une nouvelle Guinée.
Le symbole est là et bien là. Et la fin de règne ne trompe pas. Les deux Préfectures, emblèmes du PUP parce qu'origine du Président de la République pour Dubréka et de celui de l'Assemblée Nationale pour Boké qui basculent dans l'opposition.
Pendant que cette fin de règne se dessine à travers un bouleversement total dans sa région, le Président de l'Assemblée Nationale, devenu Inspecteur (la chute qui s'annonce) décident de licencier deux cadres de l'Administration de l'Assemblée en violation totale des textes pour cause de démission de ces derniers de l'UPR pour rejoindre l'UFDG.
Monsieur l'Inspecteur du PUP, le cours de l'histoire est irréversible. Et il est aisé de comprendre que votre fin est proche et c'est la raison pour laquelle vous ne savez même plus ce que vous faites. Mais sachez que votre licenciement est plus proche que vous ne l'imaginez avec les prochaines législatives.
Votre licenciement viendra de la part de l'électeur de Boké
Monsieur l'Inspecteur du PUP, un homme sans conviction est un homme sans âme. Faire perdre à un jeune qui peut avoir l'âge de vos enfants son seul moyen de se rendre utile à sa société parce qu'il a exprimé ses conviction, sort de toute dignité humaine et du sens de la mission que vous devez accomplir en tant que représentant du peuple. Mais l'avenir et l'histoire vous jugeront.
A l'UFDG, nous saluons le courage et le sens de la responsabilité de Mrs. DIALLO Mody Sidy et de DIALLO Alimou pour avoir exprimé leurs opinions malgré toutes les conséquences qu'ils doivent subir.
Dans un esprit de solidarité et de compassion qui caractérise l'UFDG, un appel est lancé à toutes les sensibilités et sympathisants épris de justice de bien vouloir considérer les possibilités de mettre à profit l'expériences et les compétences de ces deux cadres, afin qu'ils retrouvent un moyen d'être utile à la société.
L'intimidation ne passera pas et les menaces ne nous feront jamais reculer pour bâtir cet Etat de droit qui nous manque tant et qui devrait être le socle de construction de la Guinée de demain.
Et si c'est le Président du pouvoir législatif lui-même qui bafoue la loi et les règles, je dirai : « Vivement les élections pour changer cette façon de faire. »
Que Dieu Protège la Guinée et éclaire l'esprit de nos dirigeants !
Camara Mamadouba