Union des Forces Démocratiques de Guinée

Mercredi 27 Août 2008
23:02
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Elhadj Cellou Dalein DIALLO, Président UFDG

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L'interview du secrétaire de la fédération UFDG France, Abdoulaye-Baïlo DIALLO sur kibarou.com

L'invité de la semaine du site kibarou.com est Abdoulaye Baïlo Diallo



L'interview du secrétaire de la fédération UFDG France, Abdoulaye-Baïlo DIALLO sur kibarou.com
« C'est vrai que Cellou Dalein (CD) a occupé d'importants postes dans les gouvernements de Lansana Conté, mais nous savons que le vrai pouvoir en Guinée appartient aux membres de la famille du Président et le cercle qui l'entoure.

Vous parlez de pilier du régime, mais nous savons comment et pourquoi il a été enlevé à son poste… » dixit Abdoulaye Baïlo secrétaire fédéral de l'union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) en France et coordonnateur de l'UFDG Europe.

Notre invité de la semaine affirme se battre pour l'avènement d'un Etat de droit en Guinée afin que les règles édictées soient respectées par tout le monde, qu'on ne soit plus, en fonction de sa situation, exonéré de la loi, qu'elle punisse ou qu'elle récompense….

Kibarou.com: Mr Diallo, bonjour. Pouvez vous vous présentez aux lecteurs de notre site en quelques mots ?
Abdoulaye Baïlo DIALLO : Bonjour, je m'appelle Abdoulaye-Baïlo DIALLO, marié et père de 3 enfants, et installé en France depuis 1972. J'y ai fait la plupart de mes études, lycée et université à Paris. Je suis juriste de formation en droit public interne et international (Paris I Panthéon-Sorbonne) et fiscaliste de profession (Ecole Nationale des Impôts).

J'exerce la fonction d'inspecteur des impôts depuis 1986 au service de la législation et contentieux (service juridique) à la Direction générale des finances publiques (DGFiP), nouvelle dénomination depuis la récente fusion de la direction générale des impôts (DGI) et la direction de la comptabilité publique (DGCP).

Depuis que la Guinée ne condamne plus ses ressortissants expatriés et est devenue accessible sans y être spécialement invités avec une lettre d'invitation pour s'y rendre, en d'autres termes, depuis l'assouplissement de la dictature « Sékoutouréenne » et la disparition en 1984 du responsable principal de cette dictature, je voyage au pays le plus souvent possible.

Comme vous voyez, je suis d'une double appartenance guinéenne et française.

J'ai été pendant 10 ans le président de l'association des ressortissants du Fouta-Djallon en France (ARFDF) avant de démissionner pour passer le flambeau.

Avec M. Julien CONDE, j'ai écrit un livre intitulé « Une Ambition pour la Guinée », éditions l'Harmattan, novembre 2001, qui propose aux responsables politiques d'orienter leur ambition vers le bonheur des guinéens avec comme idée fixe de sortir ce pays aux immenses potentialités de la misère la plus inacceptable.

Avec M. Bah Oury et d'autres amis, nous avons travaillé en club d'études et de réflexions (Groupe Guinée 2000, notamment), créé une revue « Réveil Africain », rédigé une brochure intitulée « un pays face à son destin » et initié une banque de développement, la Caisse Guinéenne d'Investissement (CGI). Nous avons ensuite participé à la création de notre parti politique UFDG.

Kibarou.com : Aujourd'hui, vous occupez le poste de secrétaire fédéral de l'union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) en France et coordonnateur de l'UFDG Europe. Comment va le parti aujourd'hui ?

A.B.D : L'UFDG se porte très bien et progresse dans le bon sens. Notre objectif est la création de sections de notre parti dans la plupart des grandes villes en France, à commencer très prochainement par la ville de Lyon.

La fédération de Bénélux est sur le point de parachever l'installation des sections, au pays Bas, Anvers, Liège, etc., la fédération d'Allemagne aussi se développe dans les grandes villes, notamment l'installation de la section UFDG de Hambourg, le samedi 7 juin 2008.

Notre parti est très actif à l'intérieur, comme à l'extérieur. Ainsi, nous sommes invités par les institutions européennes de Bruxelles, commission et parlement européen, et notre délégation sera reçue le 9 juin 2008. J'ai d'autres rencontres et rendez-vous avec les institutions françaises courant juin.

C'est dire que nous travaillons au quotidien pour le rayonnement de notre parti UFDG.

Kibarou.com : Depuis l'arrivée de Cellou Dalein au parti, il semblerait, du moins selon vos militants, que le parti a un engouement populaire. Comment expliquer vous cela ?

A.B.D : Je peux vous rassurer puisque vous n'en croyez pas, que l'adhésion, puis l'investiture de Cellou Dalein (CD) a effectivement contribué très positivement à l'engouement pour notre parti. Désormais l'UFDG est implanté sur toute l'étendue du territoire et à l'étranger et cela se poursuit de manière constante. Le parti reflète la composition nationale et correspond au souhait de tout parti politique. Le nouveau président a apporté un souffle salutaire en raison de son expérience gouvernementale, sa compétence et connaissance des dossiers, ainsi que le bilan très positif de ses actions.

La rencontre Cellou Diallo avec l'équipe de direction de l'UFDG, le doyen Mamadou Bhoye Bâ et BAH Oury, est particulièrement saluée comme une conjonction de destins pour proposer un projet de société crédible et un changement positif pour nos populations.

Kibarou.com : La principale faiblesse de votre leader est qu'il a été un des piliers de la deuxième République qui a érigé la corruption, la cupidité etc., en modes de gouvernance. Alors quel renouveau ce dernier peut apporter à la Guinée ?

A.B.D : Comme pour un parti pris, vous parlez de faiblesse de notre leader. Mais, bien évidemment je ne partage pas votre affirmation et cette manière de présenter Cellou Dalein qui selon vous serait un des piliers de la deuxième République avec son système de corruption comme mode de gouvernement.

Tout d'abord, chaque personne doit pouvoir changer de vision et d'idées politiques, c'est du réalisme par opposition au dogmatisme stupide.

C'est vrai que Cellou Dalein (CD) a occupé d'importants postes dans les gouvernements de Lansana Conté, mais nous savons que le vrai pouvoir en Guinée appartient aux membres de la famille du Président et le cercle qui l'entoure.

Vous parlez de pilier du régime, mais nous savons comment et pourquoi il a été enlevé à son poste. C'est sous sa responsabilité que des audits au niveau de la banque centrale ont été effectués. S'il était impliqué directement ou indirectement à une quelconque magouille, comme vous le sous-entendez, croyez-vous qu'il allait prendre ce risque. Lorsque les clans autour du président Conté ont compris que Cellou était prêt à mettre fin à la mauvaise gouvernance et surtout restaurer l'autorité de l'Etat, il a été aussitôt limogé.

Vous me permettez de citer quelques exemples de ses réalisations :

Comme ministre des travaux publics, il a éliminé en cinq ans tous les bacs sur le réseau routier en construisant des ponts modernes : le pont sur le Diani en Guinée Forestière, inauguré en 1999, le pont sur le Niger à Yirikiri, ouvert au trafic en 2000 ; le pont sur le Niger à Djélibakoro, le pont sur le Tinkisso à Siguiri et le pont sur la Fatala à Boffa, inaugurés, tous les trois, en 2004.

Durant cette même période, il a assuré avec une compétence reconnue la maîtrise d'ouvrage d'une quinzaine de projets de construction ou de réhabilitation de routes, grâce à des financements obtenus auprès des bailleurs de fonds internationaux. Au titre des projets entièrement exécutés ou en cours d'exécution on peut citer : la route Sérédou- N'Nzérékoré-Lola, la route Kouroussa-Kankan, la route internationale Kankan-Siguiri Kourémalé, la réhabilitation du tronçon Km 36- Boffa, le renforcement de la route et la mise au gabarit des ponts entre Coyah et Farmoreah, la construction des routes à 2X2 voies Tombo-Gbessia, Enco5-Sonfonia et Matoto-Dabompa.

C'est lorsque Cellou Diallo a été PM qu'il a initié le dialogue entre gouvernement et partis politiques et décrispé le climat politique et c'est sous sa responsabilité que les radios privées ont été autorisées, cela en 14 mois et dans des conditions que nous savons.

Pour d'autres exemples, j'invite à visiter notre site www.ufdg.org

S'il a obtenu de tels résultats, sans pour autant disposer d'un réel pouvoir, le jour où le peuple lui confiera ce pouvoir légitime, Cellou Dalein pourra aider la Guinée à sortir des 50 ans de misère et d'obscurantisme.

En tout état de cause, l'arrivée de Cellou ne constitue aucune faiblesse au regard des résultats massifs réels et positifs des adhésions, ainsi l'implantation nationale et internationale de l'UFDG, hisse désormais notre parti au premier rang.

Kibarou.com : Croyez moi, il ne s'agit pas d'agir comme un parti pris ou pas. Je ne suis pas dans une attitude frontale encore moins complaisante. Mon objectif est d'éclairer la lanterne des lecteurs. Pour revenir à votre raisonnement, Cellou Dalein Diallo a été une victime du système et il n'est donc pas comptable de ce bilan de cette deuxième république, alors qu'il y resté quinze années durant?

A.B.D : Cellou n'est pas plus victime du système, sauf à rejeter tous les guinéens depuis la 1ère et 2ème République, puisque nous sommes tous responsables, mais certains sont réellement coupables.

Je demande simplement qu'il soit apprécié sur ses propres actes et décisions qui lui sont directement et personnellement imputables et à l'aune de son bilan de réalisations dont il est justement comptable.

Kibarou.com : En parlant toujours de faiblesse, l'UFDG est aussi considéré comme un parti qui miserait sur le vote des populations de la moyenne Guinée. Quels arguments avancez-vous pour prouver le contraire ?

A.B.D : Ma réponse précédente supra contredit à l'évidence cette récurrente affirmation.

Vous savez, un parti politique a pour ambition de réunir le maximum d'adhérents, sans exclusive d'aucune sorte. Aussi, aucun parti politique ne peut intrinsèquement être ethnique comme sous-entend ici votre jugement, en revanche chaque parti a un fief plus ou moins marqué.

A la différence de certains pays européens (encore pas tous), les populations s'identifient naturellement au leader du parti et cela ne doit exclure aucune composante d'avoir un leader.

L'UFDG revendique aujourd'hui une réelle adhésion de toutes les composantes nationales de toutes les régions de la Guinée. Cela nous motive fortement pour demander l'organisation rapide d'élections libres et transparentes, car c'est le seul instrument démocratique de mesure.

Cette poussée attractive induite depuis l'arrivée de Cellou s'inscrit comme un apport supplémentaire au parti. C'est ainsi que nos nouveaux statuts prévoient une vice-présidence par région naturelle, ce qui est une innovation dans la vie politique guinéenne.

Comme dirait l'autre, nous sommes pour le parti de tous les guinéens et non pour une partie des guinéens, c'est notre combat, car notre vision prend en compte l'ensemble des guinéens.

Kibarou.com : Quelle lecture votre parti a fait des récents évènements de notre pays à savoir la mutinerie et la nomination du nouveau premier ministre ?

A.B.D : La crise au sommet de l'exécutif et les résultats très insuffisants du gouvernement de Lansana Kouyaté pour la satisfaction des besoins de base de la population, ainsi que les dérives de mauvaise gouvernance ont, entre autres facteurs, dicté son limogeage.

L'UFDG a pris acte et salué ce limogeage.

En effet, M. Kouyaté a contribué lui-même à son propre limogeage, bien que très fréquemment alerté, il n'en a jamais tenu compte. Il a été le premier à violer les accords par son acte d'allégeance dès son arrivée, ses démentis sur ses rapports avec la présidence, ses inutiles et coûteux voyages à l'extérieur, son ambition de s'installer durablement au pouvoir et sa farouche volonté de retour au système pédégiste. C'est tout cela qui a été condamné par son limogeage.

S'agissant de la situation de mutinerie qui est encore toute entière, nous la déplorons et désapprouvons totalement cette méthode pour satisfaire des revendications, aussi légitimes qu'elles soient. Si nous pouvons comprendre les revendications salariales des nos soldats et leurs besoins de progresser dans leur carrière, cela ne doit en rien coûter au peuple déjà martyrisé par les conditions de vie très difficiles. L'armée doit savoir qu'elle s'éloigne ainsi de plus en plus du peuple et devrait plutôt redorer son blason car elle n'est là que pour la défense de la patrie et du peuple.

Kibarou.com : Les élections présidentielles approchent. Quel sera le thème essentiel de la campagne de votre parti ?

A.B.D : Je dirai plutôt l'élection présidentielle au singulier, c'est d'abord et en revanche les élections législatives qui approchent, si les autorités du pays respectent l'ordre normal des choses, n'est-ce pas ?

Nous entendons, le moment venu, présenter la candidature du président de notre parti à l'élection présidentielle, normalement en 2010.

Sans trop anticiper sur les événements, je dirai là encore qu'il n'y a pas un thème unique de campagne, mais plusieurs thèmes qui doivent cependant converger vers la réalisation d'objectifs de bien être pour tous les guinéens afin que ce pays soit désormais parmi les autres pays émergents.

Nous travaillons actuellement sur un programme global pour le pays et nous estimons qu'il faut rénover notre système économique et redresser le pays. Il faut offrir aux guinéennes et guinéens des conditions de vie décentes. Une saine gestion de la chose publique dans l'intérêt général est l'une de nos priorités.

Kibarou.com : Quels sont vos rapports avec les autres partis de l'opposition et comment vous positionnez-vous par rapport au PUP, parti au pouvoir ?

A.B.D : A l'UFDG, nous préconisons l'ouverture et la tolérance entre nous-mêmes et avec les autres partis politiques, c'est dire que nous cultivons tout simplement la démocratie.

Nous avons des rapports normaux, plus de proximité avec les partis politiques qui sont avec nous dans l'opposition, et nous nous concertons régulièrement sur la situation de notre pays.

Le PUP ne se distingue et ne se différencie pas du pouvoir en place, il est ce pouvoir responsable de cette situation de misère de la majorité de nos concitoyens.

Dans ces conditions, nous n'avons pas ici en France de rapports avec le PUP en tant que tel. D'ailleurs, très récemment lorsque les partis politiques, y compris le PUP, ont été invités par le site www.diamonotv.com pour un débat en toute clarté sur la situation de la Guinée, personne ne s'est présenté au nom du PUP.

Kibarou.com : Personnellement, envisagez-vous de jouer un rôle de premier plan sur le terrain pour conduire le parti vers la victoire au moment des élections?

A.B.D : Je me bats pour l'avènement d'un Etat de droit en Guinée afin que les règles édictées soient respectées par tout le monde, qu'on ne soit plus, en fonction de sa situation, exonéré de la loi, qu'elle punisse ou qu'elle récompense.

Mon rôle est modeste et je contribue à ce niveau dans le débat démocratique interne et dans l'expression d'idées d'ouverture et de tolérance pour une coexistence pacifique, sans tensions entre les partis politiques, justement je vous remercie de m'avoir permis de m'exprimer sur votre site pour enrichir le débat démocratique.

Si cette démarche permet à mon parti d'être victorieux aux élections, je me sentirais très fier et heureux d'y avoir personnellement contribuer.

Kibarou.com : Beaucoup de guinéens pensent que la rupture, indispensable à la construction d'un Etat de droit dans notre pays, passera par l'arrivée de nouveaux hommes dans l'arène politique et ce à la tête même des partis politiques. Si le besoin se présentait, seriez vous prêt à assumer ce rôle ?

A.B.D : Je pense que les dirigeants de partis politiques guinéens n'ont pas tous démérité à ce point. Si nous sommes tous impatients pour un changement positif afin d'éradiquer la misère, les partis politiques se battent sans moyens avec toutes les difficultés que cela implique et les voilà souvent sous la vindicte des critiques tout genre. Pourtant, ce n'est pas encore les opposants qui gouvernent le pays.

Notre parti se distingue aussi par le renouvellement de sa direction. En effet, avec honneur, Elhadj Mamadou Bâ, qui avait été accueilli par Bah Oury, a lui aussi cédé, sans pression d'aucune sorte, son poste de président à Cellou Dalein. J'invite à nouveau sur le site www.ufdg.org pour lire un article publié dans la revue « Afriques », numéro 14 hors série du 28 mai 2008, intitulé « Bâ Mamadou, Cellou Dalein Diallo : deux hommes, deux générations et deux styles pour une nouvelle Guinée ».

L'UFDG est basée, dès l'origine, sur la philosophie d'équipe, à la différence de celle de leader solitaire. Nous y travaillons donc dans l'esprit d'équipe et avec concertation sur les principales décisions, ce qui me donne aujourd'hui entièrement satisfaction.

En conclusion, je remercie et encourage tous les adhérents du parti, sympathisants et membres des comités de soutien à Cellou Dalein pour le travail quotidien de chacun et de tous collectivement pour la diffusion et le partage des idées démocratiques et à la recherche de solutions adaptées pour sortir notre pays de ses difficultés actuelles.

Je vous remercie une fois de plus de l'occasion que vous m'avez offerte ici pour éclairer les lecteurs de votre site www.kibarou.com

Propos recueillis par votre serviteur

Koumbassa Alassane

Publié le Mercredi 11 juin 2008 à 00:55



Jeudi 12 Juin 2008 - 07:06
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