Union des Forces Démocratiques de Guinée

Mardi 18 Novembre 2008
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À Lille, le combat des sans-papiers continue

Immigration . Malgré les expulsions, la grève de la faim des sans-papiers se poursuit. Un médecin belge se déclare « très inquiet » de leur état de santé.



La mobilisation des sans-papiers de Lille ne faiblit pas. Alors que les négociations sont au point mort avec le préfet, soixante-cinq d’entre eux continuaient hier leur grève de la faim. Cinquante-cinq entament aujourd’hui leur 67e journée de jeûne. Par ailleurs, sept sans-papiers grévistes de la faim, arrêtés à Lille lors de l’occupation de la bourse du travail le 1er août et répartis dans plusieurs centres de rétention (Toulouse, Rennes et Bordeaux), ont été expulsés vers la Guinée Conakry. Selon le Comité des sans-papiers (CSP 59), ils auraient été « bastonnés, pieds et mains menottés, scotchés aux sièges et parfois drogués ». « Tous parlent d’une piqûre qui leur a été injectée avant le vol, certainement un sédatif, signale Mathilde, militante et soutien des grévistes lillois. L’un d’eux a été hospitalisé. Les autres montent un collectif des Guinéens de Lille. »

À Paris, hier matin, ce sont plusieurs dizaines de Guinéens qui ont investi l’ambassade de Guinée Conakry, dans le 16e arrondissement, pour rencontrer le consul afin de lui faire part de leur indignation. L’un d’eux, Ibrahima Touré, membre de l’Association des ressortissants guinéens (ARG) de Lille, s’emportait : « Le consul ne fournit pas seulement des laissez-passer, mais carrément des titres de transport ! C’est inacceptable et inhumain. Certains sont en grève de la faim depuis plus de soixante jours… »

Par ailleurs, le CSP 59 a fait appel à un médecin belge, venu samedi à Lille ausculter les grévistes de la faim. Rita Vanobberghen, médecin généraliste à l’association Médecine pour le peuple à Bruxelles, s’est montrée très inquiète : « J’ai travaillé pendant huit ans aux Philippines : les habitants des bidonvilles y sont mieux traités que les sans-papiers à Lille… C’est une situation hallucinante, ils sont couchés dans la rue, sans toilettes, sans eau, rien ne les protège de la pluie et du vent. Les jeunes, qui étaient en bonne santé avant leur grève de la faim, ont des douleurs partout, des vertiges, mais ne sont pas en danger de mort. Je suis beaucoup plus inquiète pour les grévistes plus âgés qui avaient déjà des problèmes médicaux avant de cesser de s’alimenter. » Le docteur Vanobberghen préconise de regrouper tous les grévistes en un seul lieu, afin qu’ils puissent être suivis en permanence par un médecin et rappelle qu’une grève de la faim, même avec absorption d’eau sucrée, peut rarement excéder quatre-vingts jours.

Aux côtés des sans-papiers, les associations, syndicats et partis politiques continuent de se mobiliser. Un communiqué unitaire de soutien, « Les sans-papiers : boucs émissaires de la politique de destruction sociale du gouvernement », a été signé, entre autres, par la LDH, le MJCF Nord, le MJS Nord, le MRAP, Ras l’front, FSU, Sud ou encore la CGT. Samedi, une journée de grève de la faim en solidarité avec les sans-papiers est organisée à Lille. Et dimanche, une messe de solidarité devrait être célébrée à l’église Saint-Sauveur.

b[Marie Barbier Humanité]b


Mercredi 22 Août 2007 - 10:33

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