Ex-Ministre de Réconcialiation Nationale , de la Solidarité et des Rélations avec les Institutions
Son Excellence Amadou Oury BAH, Ministre
« Nous devons tourner le regard vers l’avenir, agir maintenant pour régler les problèmes d’hier et du présent, afin de préserver les acquis du pays et ne pas hypothéquer le destin collectif de la nation »
Le Ministère de la Réconciliation Nationale, de la Solidarité et des Relations avec les Institutions est un nouveau département qui fait partie des 33 ministères qui composent le gouvernement formé par l’actuel Premier Ministre, Dr Ahmed Tidjane SOUARE. La mission dévolue à ce Ministère, comme son nom l’indique, est de réconcilier la société guinéenne avec elle-même, qui a connu des frustrations dues aux abus du pouvoir, durant ces 50 dernières années et des troubles sociaux sans précédents. Raison pour laquelle la création de ce Département a suscité beaucoup d’espoir chez bon nombre d’observateurs Nationaux et Internationaux. Nommé a ce poste pour relever ce grand défit national, SE Amadou Oury BAH compte faire les bouchées double pour ramener les guinéens à de meilleurs sentiments et les réconcilier pour donner du souffle nouveau à la dynamique du changement sollicité par le peuple pour une Guinée unie , indivisible et prospère. Le Mercredi 30 juillet, le Ministre était l’invité de l’émission « Matinée Plurielle » sur les ondes de la radio FM Liberté.
FM Liberté : Son Excellence, à la nouvelle nomenclature Gouvernementale il y a eu 33 postes Ministériels et 3 Secrétariats Généraux qui ont été mis en place. Votre département fait partie des nouveautés de ce nouveau gouvernement. Pouvez vous nous expliquer le concept de la Réconciliation Nationale ?
SE Amadou Oury BAH : Comme vous le savez la Guinée durant ces 50 dernières années a traversé des périodes extrêmement troublée avec de profonds clivages en son sein. Et pour revenir à l’actualité nous vivons depuis 2006 une période troublée avec un tissu social complètement éprouvé. Ceci étant dû aux grèves générales, que le pays a connues entre 2006 et 2007 avec un soulèvement national du peuple guinéen qui réclamait le changement de la manière dont le pays est géré. Je pense que dans la phase actuelle il y a eu une 1ère tentative de réponse avec l’ancienne équipe gouvernementale venu juste après février 2007.Mais pour des raisons diverses cette expérience n’a pas donné les résultats escomptés. Ce n’est pas la peine de rentrer dans les détails pour parler des responsabilités qui ont fait que ces résultats n’ont pas été satisfaisants. Mais aujourd’hui il faut prendre le chantier de la réconciliation nationale pour ressouder le tissu social fortement ébranlé. Et je crois que c’est la raison pour laquelle le Président de la République, le Général Lansana CONTE et le Premier Ministre, chef du gouvernement Ahmed Tidjane SOUARE ont mis en place cette nomenclature avec la création de ce Ministère. Pour la suite, il nous appartient de travailler, de prendre en charge les grands problèmes qui ont divisé les guinéens et qui constituent des sources de méfiance des uns vis-à-vis des autres. Nous devons mettre en place une démarche pédagogique qui permettra à tous les bords de ce sentir concerner par rapport au devenir de la nation guinéenne. Qu’entre les victimes et les acteurs de certains abus du pouvoir, qu’on essaye de voir comment défricher le terrain pour rapprocher les uns et les autres dans le cadre d’une vraie dynamique de réconciliation nationale. Il n’est pas question d’occulter non plus les responsabilités, mais il faut donner une chance à la Guinée. Et aujourd’hui, les sollicitations et les attentes des populations étant très nombreuses, je pense que nous devons accélérer le processus. Ce qui justifie la raison d’être de ce Ministère.
FM Liberté : Effectivement M le Ministre, mais à quoi peuvent s’attendre les guinéens avec la présence de ce département dans le gouvernement ?
BAO : Bon, je pense que la 1ère des choses à faire, c’est d’aller en profondeur. Il y’a des acteurs essentiels de la vie politique dans ce pays qui ont été pendant très longtemps mis de coté, marginaliser ou que leur intervention dans le cadre social n’a pas été suffisamment pris en compte. Je pense en l’occurrence aux quatre (4) Coordinations Régionales du Pays. C’est pourquoi dès la première semaine de de ma prise de fonction, nous avons eu, avec des collaborateurs à faire le tour des quatre (4) Coordinations Régionales à Conakry. Cette série de prise de contact a été clôturée par la rencontre du Premier Ministre et l’ensemble des Coordinations Régionales, le 12 juillet, au siège de la Coordination Régionale de la Guinée Forestière. C’est pour dire qu’il y a une volonté du Gouvernement de prendre en charge, fondamentalement la société pour aller en profondeur dans le cadre de la prise en compte de tout le monde (sages, notables), qui œuvre de manière désintéressé à rassembler les filles et les fils de ce pays. Qu’ils sachent que le gouvernement prend en considération au même titre qu’eux, les problèmes de la réconciliation, de la concorde nationale, et qu’il a des partenaires essentiels dans le cadre de la décrispation des relations inter communautaires et de la prévention d’éventuels conflits. Ce, pour essayer de renforcer de manière idoine la démocratie en Guinée. Aussi, en plus des institutions formelles qui existent il faut que la société civile, j’allais dire traditionnelle avec les leaders religieux ou spirituels et d’autres personnes beaucoup écoutées, interviennent désormais au niveau officiel dans le cadre d’un partenariat effectif avec le Ministère, et participer à l’orientation de l’action des pouvoirs publics dans la gestion et dans la gouvernance du pays.
FM Liberté : Nombreux sont les guinéens qui restent à leur réserve et qui pensent que le concept de la réconciliation est flou. Qu’en dites-vous ?
BAO : Non, je pense qu’avec la population à la base il n’y a pas de problèmes. Mais il ne faut pas aussi occulter les contractions qui existent au sein de la société guinéenne. Le pays a été fortement marqué par des troubles sociaux durant ces 50 dernières années. En remontant même l’histoire on se rend compte que la violence a toujours affecté la pratique gouvernementale ou administrative. Cependant, il faut aussi reconnaître qu’aujourd’hui il y a une nette volonté de montrer que la gouvernance est au service des populations. Principalement, nous sommes en train de défricher un nouvel espace où l’esprit, la vision de la gestion administrative du pays doit être réexaminée pour repondre aux besoins et aux aspirations fondamentale des populations. Nous entendons par exemple souvent dire : « Ah vous savez que le pays est commandé ! » Ça, c’est un des concepts, c’est la vision d’une attitude autoritaire comme pour dire que les gens doivent être sous la coupe de quelqu’un. Alors que désormais il faut recenser les revendications essentielles des populations, les gens sont mûrs et veulent de ce fait des cadres responsables, acteurs du développement et sur les quels on peut compter dans la définition des grandes orientations du pays tout entier. Je pense aussi que ce sont des revendications tout à fait légitimes qui montrent que le processus démocratique dans les changements fondamentaux de la société guinéenne a atteint une certaine maturité. Et que nous devons accompagner cette maturation sociale pour être en phase avec l’évolution de notre pays. Pour ne pas qu’il y ait, à tout instant, des blocages, des chocs qui risquent de déstabiliser totalement le pays. Mais je pense que grâce au Bon Dieu nous allons éviter le pire avec l’implication des uns et des autres et la capacité des autorités guinéennes à faire prévaloir à des moments ultimes la modération. Je pense surtout que c’est ce qui nous permet, malgré les chocs forts que nous avons connus ces 2 dernières années, de progresser et de se relever progressivement d’un certain traumatisme pour que les choses évoluent de façon positive. Pour Concilier et briser les murs de méfiances qui existent entre les populations, et redonner confiance au peuple de Guinée. Que les gens sentent que la nation existe réellement, que l’esprit d’être un citoyen guinéen n’est pas quelque chose de virtuelle, c’est une réalité. Je pense surtout que la capacité des populations guinéennes à transcender les clivages régionaux, ethniques, les contraductions secondaires pour se mobiliser ensemble dans une vision collective, prouve que la Guinée est capable de s’unir pour se mouler un destin commun. En 1958, on a montré cette capacité d’union en acquerrant notre indépendance, et en janvier et février 2007, pour réclamer le changement dans la gestion des affaires de l’Etat. Ce qui montre déjà la capacité des guinéens, au-delà même des contradictions ethniques, régionales voire même politiques de s’unir et regarder dans le même sens. Surtout qu’aujourd’hui, l’objectif essentiel de la gouvernance c’est d’être en phase avec cette volonté majoritaire dans le pays pour aller dans le sens du changement et enraciner une culture démocratique, une pratique gouvernementale adéquate qui met devant, les intérêts fondamentaux des citoyens et l’intérêts national.
FM Liberté : Quelle explication donnez vous par rapport au concept de la Solidarité ?
BAO : La solidarité est un concept encore beaucoup plus fédérateur que la réconciliation nationale. La réconciliation nationale est une étape historique dans l’évolution politique de la Guinée. Et de ce point de vue si tout se passe correctement, peut être, d’ici 2 ans, voire 3 ans avec des institutions nouvelles et une pratique gouvernementale adaptée, les choses peuvent rentrer dans l’ordre. Par rapport aussi à la solidarité, c’est une réalité qu’il faut également mettre en évidence. Nous avons dans ce sens des structures bien organisées qui évoluent dans des actions positives. Comme exemple nous avons les associations des ressortissants. Mais ce sont aussi des actions émiettées qui peuvent être mieux organisées pour développer et cultiver la finance solidaire, les micros projets et tant d’autres activités. Que veut dire par exemple la solidarité ? Elle veut simplement dire que seul on ne peut pas réussir. Mais en mutualisant les efforts, c'est-à-dire en regroupant les énergies, en travaillant ensemble, il est possible d’atteindre les objectifs visés. Je crois a cet effet qu’il y a une nécessité de développer l’esprit mutualiste dans ce pays pour se soigner, pouvoir créer des unités génératrices de revenus etc. Il y a aussi l’aspect humanitaire qui compte beaucoup. Et il faut noter que grâce à cet aspect la communauté internationale s’est mobilisée pour apporter une aide substantielle à la Guinée de l’ordre de 28 millions de dollars. Dans ce cadre il faut aussi noter que c’est l’une des rare fois, que l’on bénéficie de l’action humanitaire. Certains voient cette aide de mauvais œil, mais je pense que le plus important dans ces genres de circonstance difficile, c’est d’apporter les remèdes avant de penser aux solutions structurelles qui mettront forcement de temps avant de se réaliser. Surtout il faut savoir qu’il y a de nouveaux chantiers qui vont être mis en place au niveau de la solidarité, de manière générale et de manière transversale entre la réconciliation nationale et la solidarité : c’est le développement de la citoyenneté. Et ce développement est un vaste programme qui impliquera les jeunes dans les quartiers avec des actions concrètes nous permettant de progresser. Je ne voudrais pas rentrer dans les détails, mais je dirais simplement que les responsables de ces chantiers, dans les mois à venir seront sur le terrain pour échanger et vous donner d’amples explications à propos. Pour finir par rapport à ça, je veux dire qu’il y a déjà un diagnostic national qui a été fait récemment grâce au système des nations unies (PNUD), piloter par le CES et l’ONG, IFES. Ces structures ont sillonné tout le pays, notamment les 33 préfectures et les 5 communes de Conakry. Et le diagnostic issu de ces travaux qui sera proposé lors des journées nationales de concertations ou de dialogue qui auront lieu les 12,13, et 14 Août prochains montre qu’il y a un déficit de confiance entre le pouvoir et les populations à la base. Et ce seul diagnostic justifie la création du ministère de la réconciliation nationale qui devra prendre en charge le problème, et faire avancer les choses pour rétablir un climat de confiance entre la population et ses dirigeants, entre la population et les institutions de la république, et entre les différentes communautés nationales du pays.
Auditeur : Comment est ce que vous comptez célébrer le cinquantenaire ?
BAO : Bon, le cinquantenaire est un chantier qui a été ouvert par l’ancien Premier Ministre du gouvernement précédant. L’actuel gouvernement également, va prendre en charge les gros dossiers. C'est-à-dire le cinquantenaire figure en bonne place dans les gros dossiers de l’Etat dont le conseil des ministres examinera l’orientation des actions que nous aurons à faire. Je ne veux pas m’engager à donner des détails, il y a une grille de choix qui était engagée. Et il faut retenir qu’on ne veut pas revenir totalement en arrière car on veut avancer. Mais il y a des choses qui doivent être revues pour être réorientées. Car comme l’a souligné le Premier Ministre, on ne peut pas se permettre de chanter, danser alors que les édifices publics sont en ruines, les destructions de 2006 et 2007 sont au même état, que la situation alimentaire ou économique du pays n’est pas décantée. Aussi, qu’un processus de décrispation entre les différentes communautés et les différents groupes politiques n’est pas engagé. Et surtout si le programme de préparation des élections législatives ne soit pas complètement éclairci. C'est donc tout un ensemble de problèmes qui fait qu’on reverra l’orientation de certains chantier du cinquantenaire, tout en restant dans le cape de l’instauration d’un climat de dialogue et de compréhension entre les guinéens.
M Lamarana : Vu la réticence de certains partis politiques au système en place, ne pensez vous pas rencontrer des problèmes quant à leur implication dans le processus de la réconciliation nationale ?
BAO : Je crois qu’avec l’opposition je n’ai aucun pour son implication est pas de doute de son implication effective dans une dynamique de réconciliation nationale. Surtout que depuis très longtemps, c’est une chose qu’elle a toujours réclamé et exigé. Je suis aussi convaincu que ceux qui se réclament de la mouvance également sont engagés dans cette dynamique de concertation nationale. Il faut que les gens comprennent que les formations politiques guinéennes ont toujours prouvé leur maturité et leur responsabilité. Ces dix (10) dernières années, elles ont luttés et obtenues la réalisation de beaucoup de chantier dans l’intérêt de la nation. Nous avons notamment la libanisation des ondes, la mise en place de structures régulatrices des élections, CENI etc. Qui sont l’œuvre conjointe de l’opposition et de la mouvance qui se sont retrouvées pendant des mois pour discuter et trouver un consensus. Et ce consensus a été proposé au gouvernement qui l’a l’accepté. Donc, c’est pour vous dire que de ce coté, il n y a aucun problème. D’ailleurs les journées de concertations nationales, prévues les 12, 13 et 14 Août prochains, les partis politiques de tous bords sont conviés. Aussi, c’est l’occasion de préciser que ces journées constituent un moment essentiel pour que la nation toute entière entende la voix du peuple. Et c’est quoi la vois du peuple ? Il s’agit d’un diagnostic, des constats de revendications, qui ont été faits sur l’ensemble du territoire et qui s’adressent au gouvernement, aux partis politiques, à la société civile, aux chefs religieux, aux forces armées, ce, pour indiquer qu’il y a un déficit notoire de prise en compte de l’intérêt du citoyen à la base. Ainsi chacun de nous, à n’importe quelle place où il se trouve doit apporter une réponse, faire un engagement de volonté de changer la donne pour que le pays puisse progresser.
« Nous devons tourner le regard vers l’avenir, agir maintenant pour régler les problèmes d’hier et du présent, afin de préserver les acquis du pays et ne pas hypothéquer le destin collectif de la nation »
Le Ministère de la Réconciliation Nationale, de la Solidarité et des Relations avec les Institutions est un nouveau département qui fait partie des 33 ministères qui composent le gouvernement formé par l’actuel Premier Ministre, Dr Ahmed Tidjane SOUARE. La mission dévolue à ce Ministère, comme son nom l’indique, est de réconcilier la société guinéenne avec elle-même, qui a connu des frustrations dues aux abus du pouvoir, durant ces 50 dernières années et des troubles sociaux sans précédents. Raison pour laquelle la création de ce Département a suscité beaucoup d’espoir chez bon nombre d’observateurs Nationaux et Internationaux. Nommé a ce poste pour relever ce grand défit national, SE Amadou Oury BAH compte faire les bouchées double pour ramener les guinéens à de meilleurs sentiments et les réconcilier pour donner du souffle nouveau à la dynamique du changement sollicité par le peuple pour une Guinée unie , indivisible et prospère. Le Mercredi 30 juillet, le Ministre était l’invité de l’émission « Matinée Plurielle » sur les ondes de la radio FM Liberté.
FM Liberté : Son Excellence, à la nouvelle nomenclature Gouvernementale il y a eu 33 postes Ministériels et 3 Secrétariats Généraux qui ont été mis en place. Votre département fait partie des nouveautés de ce nouveau gouvernement. Pouvez vous nous expliquer le concept de la Réconciliation Nationale ?
SE Amadou Oury BAH : Comme vous le savez la Guinée durant ces 50 dernières années a traversé des périodes extrêmement troublée avec de profonds clivages en son sein. Et pour revenir à l’actualité nous vivons depuis 2006 une période troublée avec un tissu social complètement éprouvé. Ceci étant dû aux grèves générales, que le pays a connues entre 2006 et 2007 avec un soulèvement national du peuple guinéen qui réclamait le changement de la manière dont le pays est géré. Je pense que dans la phase actuelle il y a eu une 1ère tentative de réponse avec l’ancienne équipe gouvernementale venu juste après février 2007.Mais pour des raisons diverses cette expérience n’a pas donné les résultats escomptés. Ce n’est pas la peine de rentrer dans les détails pour parler des responsabilités qui ont fait que ces résultats n’ont pas été satisfaisants. Mais aujourd’hui il faut prendre le chantier de la réconciliation nationale pour ressouder le tissu social fortement ébranlé. Et je crois que c’est la raison pour laquelle le Président de la République, le Général Lansana CONTE et le Premier Ministre, chef du gouvernement Ahmed Tidjane SOUARE ont mis en place cette nomenclature avec la création de ce Ministère. Pour la suite, il nous appartient de travailler, de prendre en charge les grands problèmes qui ont divisé les guinéens et qui constituent des sources de méfiance des uns vis-à-vis des autres. Nous devons mettre en place une démarche pédagogique qui permettra à tous les bords de ce sentir concerner par rapport au devenir de la nation guinéenne. Qu’entre les victimes et les acteurs de certains abus du pouvoir, qu’on essaye de voir comment défricher le terrain pour rapprocher les uns et les autres dans le cadre d’une vraie dynamique de réconciliation nationale. Il n’est pas question d’occulter non plus les responsabilités, mais il faut donner une chance à la Guinée. Et aujourd’hui, les sollicitations et les attentes des populations étant très nombreuses, je pense que nous devons accélérer le processus. Ce qui justifie la raison d’être de ce Ministère.
FM Liberté : Effectivement M le Ministre, mais à quoi peuvent s’attendre les guinéens avec la présence de ce département dans le gouvernement ?
BAO : Bon, je pense que la 1ère des choses à faire, c’est d’aller en profondeur. Il y’a des acteurs essentiels de la vie politique dans ce pays qui ont été pendant très longtemps mis de coté, marginaliser ou que leur intervention dans le cadre social n’a pas été suffisamment pris en compte. Je pense en l’occurrence aux quatre (4) Coordinations Régionales du Pays. C’est pourquoi dès la première semaine de de ma prise de fonction, nous avons eu, avec des collaborateurs à faire le tour des quatre (4) Coordinations Régionales à Conakry. Cette série de prise de contact a été clôturée par la rencontre du Premier Ministre et l’ensemble des Coordinations Régionales, le 12 juillet, au siège de la Coordination Régionale de la Guinée Forestière. C’est pour dire qu’il y a une volonté du Gouvernement de prendre en charge, fondamentalement la société pour aller en profondeur dans le cadre de la prise en compte de tout le monde (sages, notables), qui œuvre de manière désintéressé à rassembler les filles et les fils de ce pays. Qu’ils sachent que le gouvernement prend en considération au même titre qu’eux, les problèmes de la réconciliation, de la concorde nationale, et qu’il a des partenaires essentiels dans le cadre de la décrispation des relations inter communautaires et de la prévention d’éventuels conflits. Ce, pour essayer de renforcer de manière idoine la démocratie en Guinée. Aussi, en plus des institutions formelles qui existent il faut que la société civile, j’allais dire traditionnelle avec les leaders religieux ou spirituels et d’autres personnes beaucoup écoutées, interviennent désormais au niveau officiel dans le cadre d’un partenariat effectif avec le Ministère, et participer à l’orientation de l’action des pouvoirs publics dans la gestion et dans la gouvernance du pays.
FM Liberté : Nombreux sont les guinéens qui restent à leur réserve et qui pensent que le concept de la réconciliation est flou. Qu’en dites-vous ?
BAO : Non, je pense qu’avec la population à la base il n’y a pas de problèmes. Mais il ne faut pas aussi occulter les contractions qui existent au sein de la société guinéenne. Le pays a été fortement marqué par des troubles sociaux durant ces 50 dernières années. En remontant même l’histoire on se rend compte que la violence a toujours affecté la pratique gouvernementale ou administrative. Cependant, il faut aussi reconnaître qu’aujourd’hui il y a une nette volonté de montrer que la gouvernance est au service des populations. Principalement, nous sommes en train de défricher un nouvel espace où l’esprit, la vision de la gestion administrative du pays doit être réexaminée pour repondre aux besoins et aux aspirations fondamentale des populations. Nous entendons par exemple souvent dire : « Ah vous savez que le pays est commandé ! » Ça, c’est un des concepts, c’est la vision d’une attitude autoritaire comme pour dire que les gens doivent être sous la coupe de quelqu’un. Alors que désormais il faut recenser les revendications essentielles des populations, les gens sont mûrs et veulent de ce fait des cadres responsables, acteurs du développement et sur les quels on peut compter dans la définition des grandes orientations du pays tout entier. Je pense aussi que ce sont des revendications tout à fait légitimes qui montrent que le processus démocratique dans les changements fondamentaux de la société guinéenne a atteint une certaine maturité. Et que nous devons accompagner cette maturation sociale pour être en phase avec l’évolution de notre pays. Pour ne pas qu’il y ait, à tout instant, des blocages, des chocs qui risquent de déstabiliser totalement le pays. Mais je pense que grâce au Bon Dieu nous allons éviter le pire avec l’implication des uns et des autres et la capacité des autorités guinéennes à faire prévaloir à des moments ultimes la modération. Je pense surtout que c’est ce qui nous permet, malgré les chocs forts que nous avons connus ces 2 dernières années, de progresser et de se relever progressivement d’un certain traumatisme pour que les choses évoluent de façon positive. Pour Concilier et briser les murs de méfiances qui existent entre les populations, et redonner confiance au peuple de Guinée. Que les gens sentent que la nation existe réellement, que l’esprit d’être un citoyen guinéen n’est pas quelque chose de virtuelle, c’est une réalité. Je pense surtout que la capacité des populations guinéennes à transcender les clivages régionaux, ethniques, les contraductions secondaires pour se mobiliser ensemble dans une vision collective, prouve que la Guinée est capable de s’unir pour se mouler un destin commun. En 1958, on a montré cette capacité d’union en acquerrant notre indépendance, et en janvier et février 2007, pour réclamer le changement dans la gestion des affaires de l’Etat. Ce qui montre déjà la capacité des guinéens, au-delà même des contradictions ethniques, régionales voire même politiques de s’unir et regarder dans le même sens. Surtout qu’aujourd’hui, l’objectif essentiel de la gouvernance c’est d’être en phase avec cette volonté majoritaire dans le pays pour aller dans le sens du changement et enraciner une culture démocratique, une pratique gouvernementale adéquate qui met devant, les intérêts fondamentaux des citoyens et l’intérêts national.
FM Liberté : Quelle explication donnez vous par rapport au concept de la Solidarité ?
BAO : La solidarité est un concept encore beaucoup plus fédérateur que la réconciliation nationale. La réconciliation nationale est une étape historique dans l’évolution politique de la Guinée. Et de ce point de vue si tout se passe correctement, peut être, d’ici 2 ans, voire 3 ans avec des institutions nouvelles et une pratique gouvernementale adaptée, les choses peuvent rentrer dans l’ordre. Par rapport aussi à la solidarité, c’est une réalité qu’il faut également mettre en évidence. Nous avons dans ce sens des structures bien organisées qui évoluent dans des actions positives. Comme exemple nous avons les associations des ressortissants. Mais ce sont aussi des actions émiettées qui peuvent être mieux organisées pour développer et cultiver la finance solidaire, les micros projets et tant d’autres activités. Que veut dire par exemple la solidarité ? Elle veut simplement dire que seul on ne peut pas réussir. Mais en mutualisant les efforts, c'est-à-dire en regroupant les énergies, en travaillant ensemble, il est possible d’atteindre les objectifs visés. Je crois a cet effet qu’il y a une nécessité de développer l’esprit mutualiste dans ce pays pour se soigner, pouvoir créer des unités génératrices de revenus etc. Il y a aussi l’aspect humanitaire qui compte beaucoup. Et il faut noter que grâce à cet aspect la communauté internationale s’est mobilisée pour apporter une aide substantielle à la Guinée de l’ordre de 28 millions de dollars. Dans ce cadre il faut aussi noter que c’est l’une des rare fois, que l’on bénéficie de l’action humanitaire. Certains voient cette aide de mauvais œil, mais je pense que le plus important dans ces genres de circonstance difficile, c’est d’apporter les remèdes avant de penser aux solutions structurelles qui mettront forcement de temps avant de se réaliser. Surtout il faut savoir qu’il y a de nouveaux chantiers qui vont être mis en place au niveau de la solidarité, de manière générale et de manière transversale entre la réconciliation nationale et la solidarité : c’est le développement de la citoyenneté. Et ce développement est un vaste programme qui impliquera les jeunes dans les quartiers avec des actions concrètes nous permettant de progresser. Je ne voudrais pas rentrer dans les détails, mais je dirais simplement que les responsables de ces chantiers, dans les mois à venir seront sur le terrain pour échanger et vous donner d’amples explications à propos. Pour finir par rapport à ça, je veux dire qu’il y a déjà un diagnostic national qui a été fait récemment grâce au système des nations unies (PNUD), piloter par le CES et l’ONG, IFES. Ces structures ont sillonné tout le pays, notamment les 33 préfectures et les 5 communes de Conakry. Et le diagnostic issu de ces travaux qui sera proposé lors des journées nationales de concertations ou de dialogue qui auront lieu les 12,13, et 14 Août prochains montre qu’il y a un déficit de confiance entre le pouvoir et les populations à la base. Et ce seul diagnostic justifie la création du ministère de la réconciliation nationale qui devra prendre en charge le problème, et faire avancer les choses pour rétablir un climat de confiance entre la population et ses dirigeants, entre la population et les institutions de la république, et entre les différentes communautés nationales du pays.
Auditeur : Comment est ce que vous comptez célébrer le cinquantenaire ?
BAO : Bon, le cinquantenaire est un chantier qui a été ouvert par l’ancien Premier Ministre du gouvernement précédant. L’actuel gouvernement également, va prendre en charge les gros dossiers. C'est-à-dire le cinquantenaire figure en bonne place dans les gros dossiers de l’Etat dont le conseil des ministres examinera l’orientation des actions que nous aurons à faire. Je ne veux pas m’engager à donner des détails, il y a une grille de choix qui était engagée. Et il faut retenir qu’on ne veut pas revenir totalement en arrière car on veut avancer. Mais il y a des choses qui doivent être revues pour être réorientées. Car comme l’a souligné le Premier Ministre, on ne peut pas se permettre de chanter, danser alors que les édifices publics sont en ruines, les destructions de 2006 et 2007 sont au même état, que la situation alimentaire ou économique du pays n’est pas décantée. Aussi, qu’un processus de décrispation entre les différentes communautés et les différents groupes politiques n’est pas engagé. Et surtout si le programme de préparation des élections législatives ne soit pas complètement éclairci. C'est donc tout un ensemble de problèmes qui fait qu’on reverra l’orientation de certains chantier du cinquantenaire, tout en restant dans le cape de l’instauration d’un climat de dialogue et de compréhension entre les guinéens.
M Lamarana : Vu la réticence de certains partis politiques au système en place, ne pensez vous pas rencontrer des problèmes quant à leur implication dans le processus de la réconciliation nationale ?
BAO : Je crois qu’avec l’opposition je n’ai aucun pour son implication est pas de doute de son implication effective dans une dynamique de réconciliation nationale. Surtout que depuis très longtemps, c’est une chose qu’elle a toujours réclamé et exigé. Je suis aussi convaincu que ceux qui se réclament de la mouvance également sont engagés dans cette dynamique de concertation nationale. Il faut que les gens comprennent que les formations politiques guinéennes ont toujours prouvé leur maturité et leur responsabilité. Ces dix (10) dernières années, elles ont luttés et obtenues la réalisation de beaucoup de chantier dans l’intérêt de la nation. Nous avons notamment la libanisation des ondes, la mise en place de structures régulatrices des élections, CENI etc. Qui sont l’œuvre conjointe de l’opposition et de la mouvance qui se sont retrouvées pendant des mois pour discuter et trouver un consensus. Et ce consensus a été proposé au gouvernement qui l’a l’accepté. Donc, c’est pour vous dire que de ce coté, il n y a aucun problème. D’ailleurs les journées de concertations nationales, prévues les 12, 13 et 14 Août prochains, les partis politiques de tous bords sont conviés. Aussi, c’est l’occasion de préciser que ces journées constituent un moment essentiel pour que la nation toute entière entende la voix du peuple. Et c’est quoi la vois du peuple ? Il s’agit d’un diagnostic, des constats de revendications, qui ont été faits sur l’ensemble du territoire et qui s’adressent au gouvernement, aux partis politiques, à la société civile, aux chefs religieux, aux forces armées, ce, pour indiquer qu’il y a un déficit notoire de prise en compte de l’intérêt du citoyen à la base. Ainsi chacun de nous, à n’importe quelle place où il se trouve doit apporter une réponse, faire un engagement de volonté de changer la donne pour que le pays puisse progresser.
Amadou Oury BAH
BAH Oury: en tournée européenne
Dimanche 28 Septembre 2008 - 19:23
M. BAH Oury, Ministre chargé de la Réconciliation Nationale, de la Solidarité et des Relations avec les Institutions, est arrivé hier Samedi 27 septembre 2008 à Paris pour participer la réunion organisée par M. BAH Ismael, président de la FAGAF, dont le thème est le suivant :
« Les chances de la Guinée : Analyses et perspectives »
Son calendrier très chargé ne lui a pas permis de rencontrer les structures de l'UFDG.
En effet, après Paris, il est invité par l'Université Européenne pour la Paix (Vienne -Autriche) EPU "European Peace University" du 29 au 30 Septembre 2008 où il doit tenir une conférence sur "Les Enjeux de la réconcialiation nationale en Guinée et son impact sur la sous-région Ouest africaine".
Il devrait rejoindre Conakry le 1er octobre 2008 où il est attendu pour les festivités du cinquantenaire de notre indépendance.
Ufdg online, la rédaction
« Les chances de la Guinée : Analyses et perspectives »
Son calendrier très chargé ne lui a pas permis de rencontrer les structures de l'UFDG.
En effet, après Paris, il est invité par l'Université Européenne pour la Paix (Vienne -Autriche) EPU "European Peace University" du 29 au 30 Septembre 2008 où il doit tenir une conférence sur "Les Enjeux de la réconcialiation nationale en Guinée et son impact sur la sous-région Ouest africaine".
Il devrait rejoindre Conakry le 1er octobre 2008 où il est attendu pour les festivités du cinquantenaire de notre indépendance.
Ufdg online, la rédaction
Amadou Oury BAH
JOURNEES NATIONALES DE DIALOGUE ET D’INITIATIVES Conakry, 12-13-14 août 2008
Mercredi 27 Août 2008 - 11:38
DECLARATION FINALE
Les Journées Nationales de Dialogue et d’Initiatives se sont déroulées les 12, 13 et 14 août 2008 à Conakry.
Organisées sous l’égide du Gouvernement à travers le Ministère Chargé de la Réconciliation Nationale, de la Solidarité et des Relations avec les Institutions, le Conseil Economique et Social, le Conseil des Sages, le Conseil National de la Société Civile Guinéenne, l’Intercentrale syndicale, le Comité Civilo-Militaire, les Partis politiques, les organisations de femmes et de jeunes, ces journées ont été réalisées grâce à un financement des Nations Unies (Fonds de Consolidation de la Paix) et avec l’appui technique de IFES.
Elle est la suite du projet de Promotion de la Concertation Sociale en Guinée (ProConSoGui), marqué par des dialogues de proximité qui se sont déroulés du 10 avril au 12 juillet 2008 dans les 33 préfectures et les 5 communes de Conakry.
Cette importante rencontre avait pour objectif de permettre aux participants sur la base des résultats de ces concertations de proximité, d’échanger et de débattre sur les grandes questions d΄intérêt national, de dégager les perspectives communes, de formuler des recommandations et de prendre des engagements en vue d’une Guinée plus forte, unie et prospère.
PARTICIPANTS
Ces journées ont regroupé plus de 425 personnes provenant de l’ensemble du territoire national, et représentant:
• le Conseil Economique et Social
• le Gouvernement
• les Partis politiques
• le Conseil National des Organisations de la Société Civile
• les centrales syndicales
• les Ordres et Organisations socio-professionnelles
• le Conseil des Sages
• le Conseil Inter religieux
• les Organisations de Femmes et de Jeunes
• les Organisations patronales et les Chambres consulaires
• les Forces de Défense et de Sécurité
• les Médias
PREAMBULE
1. Considérant la volonté du Président de la République et du Gouvernement à promouvoir la réconciliation pour renforcer l’unité nationale
2. Considérant les vertus du dialogue auxquelles la Guinée se doit impérativement de souscrire afin de s’inscrire dans la logique d’une paix durable et l’unité nationale ;
3. Considérant la volonté de tous les Guinéens de privilégier le dialogue en vue de la préservation d’un climat social apaisé dans le pays ;
4. Considérant que tous les Guinéens doivent jouir de tous les droits que leur confèrent les instruments juridiques en vigueur ;
5. Considérant l’absolue nécessité de promouvoir l’État de droit, la démocratie, et la bonne gouvernance ;
6. Considérant l’impérieuse nécessité de restaurer l’autorité et la crédibilité de l’Etat en veillant scrupuleusement au respect des lois et règles en vigueur ;
7. Considérant les difficultés pour les Institutions Républicaines à appliquer et à faire respecter certaines dispositions de la Loi fondamentale
8. Ayant noté les aspirations exprimées par les femmes et les jeunes quant à la place qui leur revient dans le processus politique et socio-économique ;
9. Après avoir noté la volonté exprimée par des partis politiques de s’impliquer étroitement dans le processus de dialogue et d’œuvrer pour le développement socio-économique du pays ;
10. Prenant acte des excuses présentées au peuple de Guinée par les Forces de Défense et de Sécurité et leur détermination à restaurer la confiance entre elles et les populations civiles ;
11. Conscients que seul un pouvoir démocratique fort, issu d’élections libres, transparentes et crédibles, pourra conduire le pays vers le changement que souhaitent les Guinéens ;
12. Considérant la mauvaise perception des Forces de Défense et de Sécurité par les populations due aux exactions commises par des éléments incontrôlées
13. Considérant le niveau élevé d’insécurité constaté à l’échelle nationale
14. Considérant la volonté réitérée des Forces de Défense et de Sécurité à toujours respecter les valeurs fondamentales républicaines ;
15. Considérant la volonté exprimée par les participants d’instaurer un cadre permanent de dialogue et de concertation ;
Au terme des travaux, les participants ont adopté les recommandations suivantes :
RECOMMANDATIONS
Les Participants aux Journées Nationales de Dialogue et d’Initiatives recommandent :
A. Au niveau de la Gouvernance
Par rapport au système judiciaire :
• Mettre en place un cadre pour l’évaluation de la Loi fondamentale en vue de sa révision dans certaines de ses dispositions
• Diffuser largement les actes administratifs et législatifs par tous canaux de communication notamment le Journal Officiel de la République de Guinée
• Rendre effectivement autonomes et indépendantes les juridictions par l’application effective du statut particulier de la magistrature et la rénovation du Conseil Supérieur de la Magistrature
• Réviser les statuts de la Cour Suprême
• Améliorer les conditions financières des magistrats et du personnel de la justice
• Restaurer les mécanismes de sanction mettant fin à l’impunité actuelle à tous les niveaux, y compris l’opérationnalisation de la Commission d’enquête.
• Mettre en place une commission vérité-réconciliation
Par rapport à l’administration locale et territoriale
• Rendre effective l’autonomie de gestion des ressources des collectivités décentralisées
• Mettre à disposition des autorités déconcentrées des moyens financiers et matériels suffisants
• Approfondir la décentralisation par la création au niveau régional et au niveau préfectoral des conseils élus
Par rapport au processus électoral
• Remplacer le scrutin majoritaire de liste par le scrutin à la représentation proportionnelle dans les élections locales
• Instaurer par voie légale les candidatures indépendantes
• Renforcer les capacités financières et matérielles de la CENI et de ses démembrements
• Assurer l’engagement de tous les acteurs pour la tenue effective d’élections juste et crédibles
B. Au niveau de l’Economie
• Réduire le train de vie de l’Etat
• Renforcer la lutte contre la corruption et l’impunité
• Obliger les dirigeants à rendre compte en réinstituant et en renforçant le contrôle et l’audit de l’action publique à tous les niveaux
• Renforcer la synergie entre le secteur public et le secteur privé par la mise en place d’un comité paritaire public-privé
• Assurer que les conventions minières respectent les intérêts du peuple guinéen tout en protégeant ceux des investisseurs à travers l’application de la nouvelle convention minière type à tous les accords en vigueur et à venir
• Mettre en place des mécanismes de contrôle et de traçabilité des fonds alloués ou secteur agricole pour garantir la sécurité alimentaire
• Mettre en application les textes relatifs à la protection de l’environnement
C. Au niveau de l’Éducation
• Renforcer le financement de 16% à 30% affecté à la formation et aux infrastructures ; assurer la traçabilité de ces fonds jusqu’au niveau de la salle de classe
• Veiller à l’application du statut particulier des enseignants
• Renforcer les programmes d’éducation à la citoyenneté, l’éducation morale et culturelle
• Moraliser le système d’éducation en luttant contre la corruption par des sanctions exemplaires et en valorisant les bons comportements
• Redynamiser et réactualiser les instances de concertation sur le système éducatif (Conseil Supérieur de l’Education)
• Sensibiliser et associer les parents pour une grande implication et appropriation du système éducatif
• Tenir les Etats Généraux de l’Education
D. Au niveau de la Santé
• Renforcer le financement ; passer de 3 % à 15% tel que recommandé par l’OMS
• Mettre en place un système de motivation du personnel (statut particulier du personnel de santé) et renforcer les capacités et les compétences humaines
• Assainir le secteur sanitaire national par la mise en place d’un comité multisectoriel de lutte contre les activités illégales et le renforcement de l’autorité administrative médicale
• Mettre en œuvre une décentralisation effective du système sanitaire de façon à amener les communautés à s’approprier le système de santé
• Renforcer la synergie entre le secteur public et le secteur privé par la mise en place d’un comité paritaire public-privé
E. Au niveau de la Défense et de la Sécurité
• Mise en application effective du statut des militaires et celui des paramilitaires
• Création de mécanismes permanents de concertation entre les FDS et les populations civiles (portes ouvertes, rencontres avec les médias etc.)
• Amélioration des conditions de vie et de travail des Forces de Défense et de Sécurité par la rénovation et la modernisation des infrastructures et de l’équipement
• Assainissement et réglementation des services de sécurités privés
• Instaurer des cours de préparation militaire dans les programmes universitaires sanctionnés en fin de cycle par un service militaire
• Relocaliser les casernes hors des villes
• Une meilleure prise en charge de la police communale par les Conseils municipaux
• Renforcer les capacités opérationnelles des structures de lutte contre la drogue, des armes et de la traite des personnes
F. Au niveau de l’Intégration économique et politique
• Créer les conditions d’intégration de la diaspora guinéenne dans le processus de développement
• Qualifier la diplomatie guinéenne pour en faire une diplomatie de développement
• Apporter des mesures correctives permettant de faciliter l’intégration régionale
• S’efforcer pour remplir les critères de convergences monétaires définis par la CEDEAO en vue de notre intégration à une union économique et monétaire
• Respecter les règles de la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace CEDEAO
• S’engager à créer les conditions d’emploi en faveur des jeunes en vue d’éradiquer l’émigration clandestine
Pour la mise en œuvre des recommandations issues de leurs délibérations, les Participants aux Journées Nationales de Dialogue et d’Initiatives recommandent par ailleurs :
• A l’Assemblée Nationale
• A la Cour Suprême
• Au Conseil Economique Social
• Au Gouvernement
• A l’Intercentrale Syndicale
• A la Société Civile
• Au Conseil des Sages et aux Religieux
• Aux Partis Politiques
• Aux Services déconcentrés et décentralisés
Chacun en ce qui le concerne, de veiller à la mise en œuvre et au suivi des dites recommandations y compris celles plus détaillées contenues dans les résultats des travaux de l’ensemble des groupes thématiques
Les participants recommandent aussi la mise en place dans les plus brefs délais d’un cadre permanent d’échanges, de dialogue et de concertation sur tous les défis et grandes questions de la vie nationale, regroupant l’ensemble des composantes de la Nation.
Ce cadre permanent devra :
• Veiller à assurer le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre des recommandations formulées lors des Journées de Dialogue et d’Initiatives
• Tenir compte des accords et engagements souscrits par l’Etat avec l’ensemble des partenaires économiques, sociaux et politiques pour renforcer la cohésion sociale dans le pays
• Assurer une large et régulière diffusion des résultats de ses travaux
Enfin, les Participants, tout en remerciant le Système des Nations Unies d’avoir facilité la tenue des présentes assises, sollicitent leur appui ainsi que celui des autres partenaires au développement pour la réalisation de ce vaste programme.
Fait à Conakry, le 14 août 2008
Les Journées Nationales de Dialogue et d’Initiatives se sont déroulées les 12, 13 et 14 août 2008 à Conakry.
Organisées sous l’égide du Gouvernement à travers le Ministère Chargé de la Réconciliation Nationale, de la Solidarité et des Relations avec les Institutions, le Conseil Economique et Social, le Conseil des Sages, le Conseil National de la Société Civile Guinéenne, l’Intercentrale syndicale, le Comité Civilo-Militaire, les Partis politiques, les organisations de femmes et de jeunes, ces journées ont été réalisées grâce à un financement des Nations Unies (Fonds de Consolidation de la Paix) et avec l’appui technique de IFES.
Elle est la suite du projet de Promotion de la Concertation Sociale en Guinée (ProConSoGui), marqué par des dialogues de proximité qui se sont déroulés du 10 avril au 12 juillet 2008 dans les 33 préfectures et les 5 communes de Conakry.
Cette importante rencontre avait pour objectif de permettre aux participants sur la base des résultats de ces concertations de proximité, d’échanger et de débattre sur les grandes questions d΄intérêt national, de dégager les perspectives communes, de formuler des recommandations et de prendre des engagements en vue d’une Guinée plus forte, unie et prospère.
PARTICIPANTS
Ces journées ont regroupé plus de 425 personnes provenant de l’ensemble du territoire national, et représentant:
• le Conseil Economique et Social
• le Gouvernement
• les Partis politiques
• le Conseil National des Organisations de la Société Civile
• les centrales syndicales
• les Ordres et Organisations socio-professionnelles
• le Conseil des Sages
• le Conseil Inter religieux
• les Organisations de Femmes et de Jeunes
• les Organisations patronales et les Chambres consulaires
• les Forces de Défense et de Sécurité
• les Médias
PREAMBULE
1. Considérant la volonté du Président de la République et du Gouvernement à promouvoir la réconciliation pour renforcer l’unité nationale
2. Considérant les vertus du dialogue auxquelles la Guinée se doit impérativement de souscrire afin de s’inscrire dans la logique d’une paix durable et l’unité nationale ;
3. Considérant la volonté de tous les Guinéens de privilégier le dialogue en vue de la préservation d’un climat social apaisé dans le pays ;
4. Considérant que tous les Guinéens doivent jouir de tous les droits que leur confèrent les instruments juridiques en vigueur ;
5. Considérant l’absolue nécessité de promouvoir l’État de droit, la démocratie, et la bonne gouvernance ;
6. Considérant l’impérieuse nécessité de restaurer l’autorité et la crédibilité de l’Etat en veillant scrupuleusement au respect des lois et règles en vigueur ;
7. Considérant les difficultés pour les Institutions Républicaines à appliquer et à faire respecter certaines dispositions de la Loi fondamentale
8. Ayant noté les aspirations exprimées par les femmes et les jeunes quant à la place qui leur revient dans le processus politique et socio-économique ;
9. Après avoir noté la volonté exprimée par des partis politiques de s’impliquer étroitement dans le processus de dialogue et d’œuvrer pour le développement socio-économique du pays ;
10. Prenant acte des excuses présentées au peuple de Guinée par les Forces de Défense et de Sécurité et leur détermination à restaurer la confiance entre elles et les populations civiles ;
11. Conscients que seul un pouvoir démocratique fort, issu d’élections libres, transparentes et crédibles, pourra conduire le pays vers le changement que souhaitent les Guinéens ;
12. Considérant la mauvaise perception des Forces de Défense et de Sécurité par les populations due aux exactions commises par des éléments incontrôlées
13. Considérant le niveau élevé d’insécurité constaté à l’échelle nationale
14. Considérant la volonté réitérée des Forces de Défense et de Sécurité à toujours respecter les valeurs fondamentales républicaines ;
15. Considérant la volonté exprimée par les participants d’instaurer un cadre permanent de dialogue et de concertation ;
Au terme des travaux, les participants ont adopté les recommandations suivantes :
RECOMMANDATIONS
Les Participants aux Journées Nationales de Dialogue et d’Initiatives recommandent :
A. Au niveau de la Gouvernance
Par rapport au système judiciaire :
• Mettre en place un cadre pour l’évaluation de la Loi fondamentale en vue de sa révision dans certaines de ses dispositions
• Diffuser largement les actes administratifs et législatifs par tous canaux de communication notamment le Journal Officiel de la République de Guinée
• Rendre effectivement autonomes et indépendantes les juridictions par l’application effective du statut particulier de la magistrature et la rénovation du Conseil Supérieur de la Magistrature
• Réviser les statuts de la Cour Suprême
• Améliorer les conditions financières des magistrats et du personnel de la justice
• Restaurer les mécanismes de sanction mettant fin à l’impunité actuelle à tous les niveaux, y compris l’opérationnalisation de la Commission d’enquête.
• Mettre en place une commission vérité-réconciliation
Par rapport à l’administration locale et territoriale
• Rendre effective l’autonomie de gestion des ressources des collectivités décentralisées
• Mettre à disposition des autorités déconcentrées des moyens financiers et matériels suffisants
• Approfondir la décentralisation par la création au niveau régional et au niveau préfectoral des conseils élus
Par rapport au processus électoral
• Remplacer le scrutin majoritaire de liste par le scrutin à la représentation proportionnelle dans les élections locales
• Instaurer par voie légale les candidatures indépendantes
• Renforcer les capacités financières et matérielles de la CENI et de ses démembrements
• Assurer l’engagement de tous les acteurs pour la tenue effective d’élections juste et crédibles
B. Au niveau de l’Economie
• Réduire le train de vie de l’Etat
• Renforcer la lutte contre la corruption et l’impunité
• Obliger les dirigeants à rendre compte en réinstituant et en renforçant le contrôle et l’audit de l’action publique à tous les niveaux
• Renforcer la synergie entre le secteur public et le secteur privé par la mise en place d’un comité paritaire public-privé
• Assurer que les conventions minières respectent les intérêts du peuple guinéen tout en protégeant ceux des investisseurs à travers l’application de la nouvelle convention minière type à tous les accords en vigueur et à venir
• Mettre en place des mécanismes de contrôle et de traçabilité des fonds alloués ou secteur agricole pour garantir la sécurité alimentaire
• Mettre en application les textes relatifs à la protection de l’environnement
C. Au niveau de l’Éducation
• Renforcer le financement de 16% à 30% affecté à la formation et aux infrastructures ; assurer la traçabilité de ces fonds jusqu’au niveau de la salle de classe
• Veiller à l’application du statut particulier des enseignants
• Renforcer les programmes d’éducation à la citoyenneté, l’éducation morale et culturelle
• Moraliser le système d’éducation en luttant contre la corruption par des sanctions exemplaires et en valorisant les bons comportements
• Redynamiser et réactualiser les instances de concertation sur le système éducatif (Conseil Supérieur de l’Education)
• Sensibiliser et associer les parents pour une grande implication et appropriation du système éducatif
• Tenir les Etats Généraux de l’Education
D. Au niveau de la Santé
• Renforcer le financement ; passer de 3 % à 15% tel que recommandé par l’OMS
• Mettre en place un système de motivation du personnel (statut particulier du personnel de santé) et renforcer les capacités et les compétences humaines
• Assainir le secteur sanitaire national par la mise en place d’un comité multisectoriel de lutte contre les activités illégales et le renforcement de l’autorité administrative médicale
• Mettre en œuvre une décentralisation effective du système sanitaire de façon à amener les communautés à s’approprier le système de santé
• Renforcer la synergie entre le secteur public et le secteur privé par la mise en place d’un comité paritaire public-privé
E. Au niveau de la Défense et de la Sécurité
• Mise en application effective du statut des militaires et celui des paramilitaires
• Création de mécanismes permanents de concertation entre les FDS et les populations civiles (portes ouvertes, rencontres avec les médias etc.)
• Amélioration des conditions de vie et de travail des Forces de Défense et de Sécurité par la rénovation et la modernisation des infrastructures et de l’équipement
• Assainissement et réglementation des services de sécurités privés
• Instaurer des cours de préparation militaire dans les programmes universitaires sanctionnés en fin de cycle par un service militaire
• Relocaliser les casernes hors des villes
• Une meilleure prise en charge de la police communale par les Conseils municipaux
• Renforcer les capacités opérationnelles des structures de lutte contre la drogue, des armes et de la traite des personnes
F. Au niveau de l’Intégration économique et politique
• Créer les conditions d’intégration de la diaspora guinéenne dans le processus de développement
• Qualifier la diplomatie guinéenne pour en faire une diplomatie de développement
• Apporter des mesures correctives permettant de faciliter l’intégration régionale
• S’efforcer pour remplir les critères de convergences monétaires définis par la CEDEAO en vue de notre intégration à une union économique et monétaire
• Respecter les règles de la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace CEDEAO
• S’engager à créer les conditions d’emploi en faveur des jeunes en vue d’éradiquer l’émigration clandestine
Pour la mise en œuvre des recommandations issues de leurs délibérations, les Participants aux Journées Nationales de Dialogue et d’Initiatives recommandent par ailleurs :
• A l’Assemblée Nationale
• A la Cour Suprême
• Au Conseil Economique Social
• Au Gouvernement
• A l’Intercentrale Syndicale
• A la Société Civile
• Au Conseil des Sages et aux Religieux
• Aux Partis Politiques
• Aux Services déconcentrés et décentralisés
Chacun en ce qui le concerne, de veiller à la mise en œuvre et au suivi des dites recommandations y compris celles plus détaillées contenues dans les résultats des travaux de l’ensemble des groupes thématiques
Les participants recommandent aussi la mise en place dans les plus brefs délais d’un cadre permanent d’échanges, de dialogue et de concertation sur tous les défis et grandes questions de la vie nationale, regroupant l’ensemble des composantes de la Nation.
Ce cadre permanent devra :
• Veiller à assurer le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre des recommandations formulées lors des Journées de Dialogue et d’Initiatives
• Tenir compte des accords et engagements souscrits par l’Etat avec l’ensemble des partenaires économiques, sociaux et politiques pour renforcer la cohésion sociale dans le pays
• Assurer une large et régulière diffusion des résultats de ses travaux
Enfin, les Participants, tout en remerciant le Système des Nations Unies d’avoir facilité la tenue des présentes assises, sollicitent leur appui ainsi que celui des autres partenaires au développement pour la réalisation de ce vaste programme.
Fait à Conakry, le 14 août 2008
Amadou Oury BAH
ALLOCUTION DU MINISTRE DE LA RECONCILIATION NATIONALE DE LA SOLIDARITE ET DES RELATIONS AVEC LES INSTITUTIONS
Messieurs les représentants des Institutions Républicaines
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement
Messieurs et Mesdames les représentants du corps diplomatique et consulaire
Madame la coordinatrice du système des Nations Unies
Messieurs les Officiers
Les sages et les religieux
Chers participants
Les Journées Nationales de dialogue et d'Initiatives couronnent un processus largement participatif qui a permis d'élaborer un diagnostic social, politique, sociologique et économique de l'état de l'opinion nationale sur l'Etat, la Société et les Institutions de notre pays .
Ce diagnostic est sans complaisance et reflète des points de vue partagée par une majorité de nos compatriotes :
· Déficit de confiance entre l'administration et les administrés, entre le pouvoir politique et la population nationale et entre les forces de défense et de sécurité et les civils
· La mal gouvernance ruine l'Etat, sape l'autorité publique et anéanti tout effort de redressement national
· L'impunité et le laxisme érigent « la loi de la jungle comme étant la meilleure » dans les relations entre les citoyens et aussi entre les groupes sociaux
· L'effritement du sentiment national et montée de la crispation identitaire ethnocentrique
· Les pratiques ethno – stratégiques abolissent les principes de l'Etat de droit
Mesdames, Messieurs
Cette description de notre pays nous interpelle. Elle interpelle aussi bien le Gouvernement que les Institutions Républicaines, les Forces de Défense et de Sécurité et la société guinéenne entière à travers l'ensemble de ses composantes.
Ne rien faire, s'arc-bouter sur ses certitudes et rejeter les idées protestataires seraient suicidaires pour la stabilité de notre pays et la cohésion nationale. Le Président de la République le Général Lansana CONTE et le Premier Ministre ,Chef de Gouvernement désireux de ressouder le tissu social profondément éprouvé encouragent cette concertation pour permettre aux guinéens par le biais de leur représentation politique, sociale ,culturelle et économique de se parler , se remettre en cause et défricher les voies et moyens de restaurer les consensus majeurs pour l'édification d'une société démocratique en Guinée.
Sous l'autorité du Président de la République le Gouvernement d'ores et déjà s'est engagé dans cette direction en définissant ses priorités :
Le Programme Minimum Prioritaire met l'accent sur la nécessité d'améliorer dans les meilleurs délais l'accès à l'eau potable, l'accroissement de la production d'électricité et l'assainissement de ces secteurs vitaux pour l'économie nationale. La restauration de l'autorité de l'Etat par l'accroissement des moyens dédiés pour assurer la sécurité des populations est aujourd'hui un souci constant en tenant compte des événements tragiques et malheureux qui ont été enregistrés au mois de mai dernier .Conjointement les ministres de la Défense Nationale ,de la Sécurité et de la protection civile ont de ce point de vue une feuille de route nette et précise .C'est l'occasion de saluer le Comité civilo-militaire dont les propositions de sortie de crise sont prises en compte dans le plan d'action du Ministère de la Réconciliation Nationale de la Solidarité et des Relations avec les Institutions. Le Gouvernement met également l'accent sur l'atténuation des impacts de la crise alimentaire mondiale sur les populations les plus démunis de notre pays. Grâce à la communauté internationale 28 millions de dollars US ont été mobilisés pour permettre à 600 000 de nos compatriotes d'obtenir des denrées ( riz , maïs et huile) de manière gratuite pour la période de soudure .Ces dons sont entrain d'être distribués dans des zones rurales des quatre régions naturelles de la Guinée par le PAM. Les zones urbaines, notamment Conakry feront très bientôt l'objet d'actions spécifiques en faveurs des couches les plus défavorisées. De son côté , le Gouvernement en relation avec les opérateurs économiques de la place a lancé une opération pour permettre aux populations d'avoir le riz à moindre coût pour la période de soudure ( un sac de riz à 165 000 pour le consommateur à Conakry).La sécurité alimentaire comme l'a indiqué Mme la Coordinatrice du Système des Nations Unies s'inscrit comme la priorité du Ministre de l'Agriculture .La bonne gouvernance qui passe par la récupération des créances de l'Etat, est un autre aspect des priorités des priorités du Programme Minimum Prioritaire du Gouvernement.
· La quinzaine de la décentralisation que la Guinée vient de vivre le mois dernier qui a été couronné par la publication du code des collectivités locales relance le processus de la décentralisation dans notre pays. Le développement de la démocratie participative et l'exercice effectif du pouvoir local par les représentants des populations connaitront sous l'impulsion du Ministère de la Décentralisation et du Développement Local des avancées significatives.
La mise en place de l'Observatoire National des Droits de l'Homme traduit aussi la volonté du Président de la République et du Premier Ministre d'institutionnaliser les structures de défense des Droits de l'Homme en Guinée. Mieux l'inscription de la création du Médiateur de la République dans les attributions dévolues à la Primature est une réponse par rapport à certains éléments du diagnostic social. En effet permettre aux administrés d'avoir un recours pour les aider à mieux se pourvoir devant la toute puissance de l'administration compensera le déficit de confiance entre l'administration et les populations et aussi limitera les abus de pouvoir. Les instruments institutionnels pour enraciner les bonnes pratiques citoyennes sont entrain d'être mis en place. Comme vous le voyez, la volonté de changement loin d'être un « slogan politicien » est un engagement fort qui cimente la cohésion et la solidarité du Gouvernement de larges ouvertures.
Mesdames et Messieurs,
La mise en place d'un Gouvernement de larges ouvertures avec la participation des partis de l'opposition est un fait inédit dans l'histoire politique de la Guinée indépendante. C'est la première fois dans l'histoire moderne de notre pays que les guinéens de toutes les sensibilités politiques sont réunis ensemble pour prendre à bras de corps les problèmes dont notre pays est confronté. Reconnaissons que cette décision du Président de la République et du Premier Ministre va dans le sens de rapprocher le pouvoir des citoyens.
Dans ce nouveau contexte, les prochaines élections législatives s'inscrivent dans un environnement très favorable. D'un côté une CENI exigeante et vigilante, un gouvernement de larges ouvertures où des partis de l'opposition sont représentés de l'autre, permettront d'asseoir les conditions d'une compétition loyale, transparente et apaisée pour les prochaines consultations électorales. Toutefois il faut nécessairement que les partis politiques jouent effectivement leur rôle tel indiqué dans la charte des partis politiques. Il est vrai et incontestable que les prochaines élections législatives sont essentielles pour relégitimer le parlement de notre pays. C'est une étape essentielle pour la stabilité de la Guinée. Le Ministère de l'Administration du Territoire et des Affaires Politiques se fait un point d'honneur de réussir avec la CENI à organiser de manière correcte nos prochaines législatives.
Mesdames et Messieurs,
Le Président de la République et le Premier Ministre ont insisté sur la nécessité d'être à l'écoute des populations et d'être suffisamment attentif à leurs aspirations .Le Premier Ministre dans son allocution d'investiture a mis la Réconciliation Nationale comme la priorité de sa politique. En effet comment gagner la bataille du redressement économique si le tissu social est miné ? Comment restaurer l'autorité de l'Etat si les murs de méfiance entre les communautés ethniques et régionales ne sont pas brisés ? Comment raffermir le sentiment national si la conscience collective citoyenne est absente ? Enfin comment assurer la promotion de la bonne gouvernance si les égoïsmes et les corporatismes sont rois. Le développement de la Guinée passe nécessairement par l'émergence d'une société réconciliée avec elle-même , d'un pays ayant des institutions stables et légitimes ,d'un Etat au service de tous ses enfants sans discrimination et sans exclusive.
Nous sommes chargés de mener ce volet de la politique gouvernementale. Avec vous, nous le ferons .Nous pouvons réussir car nous sommes des héritiers de cultures et de civilisations plusieurs fois centenaires.
Osons regarder en face les réalités de notre pays, pour le projeter vers un avenir possible, réaliste et heureux.
Nous le pouvons si nous le voulons.
Vive les journées nationales de dialogue et d'initiatives pour enfin donner une chance à la Guinée.
Je vous remercie de votre bien aimable attention.
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement
Messieurs et Mesdames les représentants du corps diplomatique et consulaire
Madame la coordinatrice du système des Nations Unies
Messieurs les Officiers
Les sages et les religieux
Chers participants
Les Journées Nationales de dialogue et d'Initiatives couronnent un processus largement participatif qui a permis d'élaborer un diagnostic social, politique, sociologique et économique de l'état de l'opinion nationale sur l'Etat, la Société et les Institutions de notre pays .
Ce diagnostic est sans complaisance et reflète des points de vue partagée par une majorité de nos compatriotes :
· Déficit de confiance entre l'administration et les administrés, entre le pouvoir politique et la population nationale et entre les forces de défense et de sécurité et les civils
· La mal gouvernance ruine l'Etat, sape l'autorité publique et anéanti tout effort de redressement national
· L'impunité et le laxisme érigent « la loi de la jungle comme étant la meilleure » dans les relations entre les citoyens et aussi entre les groupes sociaux
· L'effritement du sentiment national et montée de la crispation identitaire ethnocentrique
· Les pratiques ethno – stratégiques abolissent les principes de l'Etat de droit
Mesdames, Messieurs
Cette description de notre pays nous interpelle. Elle interpelle aussi bien le Gouvernement que les Institutions Républicaines, les Forces de Défense et de Sécurité et la société guinéenne entière à travers l'ensemble de ses composantes.
Ne rien faire, s'arc-bouter sur ses certitudes et rejeter les idées protestataires seraient suicidaires pour la stabilité de notre pays et la cohésion nationale. Le Président de la République le Général Lansana CONTE et le Premier Ministre ,Chef de Gouvernement désireux de ressouder le tissu social profondément éprouvé encouragent cette concertation pour permettre aux guinéens par le biais de leur représentation politique, sociale ,culturelle et économique de se parler , se remettre en cause et défricher les voies et moyens de restaurer les consensus majeurs pour l'édification d'une société démocratique en Guinée.
Sous l'autorité du Président de la République le Gouvernement d'ores et déjà s'est engagé dans cette direction en définissant ses priorités :
Le Programme Minimum Prioritaire met l'accent sur la nécessité d'améliorer dans les meilleurs délais l'accès à l'eau potable, l'accroissement de la production d'électricité et l'assainissement de ces secteurs vitaux pour l'économie nationale. La restauration de l'autorité de l'Etat par l'accroissement des moyens dédiés pour assurer la sécurité des populations est aujourd'hui un souci constant en tenant compte des événements tragiques et malheureux qui ont été enregistrés au mois de mai dernier .Conjointement les ministres de la Défense Nationale ,de la Sécurité et de la protection civile ont de ce point de vue une feuille de route nette et précise .C'est l'occasion de saluer le Comité civilo-militaire dont les propositions de sortie de crise sont prises en compte dans le plan d'action du Ministère de la Réconciliation Nationale de la Solidarité et des Relations avec les Institutions. Le Gouvernement met également l'accent sur l'atténuation des impacts de la crise alimentaire mondiale sur les populations les plus démunis de notre pays. Grâce à la communauté internationale 28 millions de dollars US ont été mobilisés pour permettre à 600 000 de nos compatriotes d'obtenir des denrées ( riz , maïs et huile) de manière gratuite pour la période de soudure .Ces dons sont entrain d'être distribués dans des zones rurales des quatre régions naturelles de la Guinée par le PAM. Les zones urbaines, notamment Conakry feront très bientôt l'objet d'actions spécifiques en faveurs des couches les plus défavorisées. De son côté , le Gouvernement en relation avec les opérateurs économiques de la place a lancé une opération pour permettre aux populations d'avoir le riz à moindre coût pour la période de soudure ( un sac de riz à 165 000 pour le consommateur à Conakry).La sécurité alimentaire comme l'a indiqué Mme la Coordinatrice du Système des Nations Unies s'inscrit comme la priorité du Ministre de l'Agriculture .La bonne gouvernance qui passe par la récupération des créances de l'Etat, est un autre aspect des priorités des priorités du Programme Minimum Prioritaire du Gouvernement.
· La quinzaine de la décentralisation que la Guinée vient de vivre le mois dernier qui a été couronné par la publication du code des collectivités locales relance le processus de la décentralisation dans notre pays. Le développement de la démocratie participative et l'exercice effectif du pouvoir local par les représentants des populations connaitront sous l'impulsion du Ministère de la Décentralisation et du Développement Local des avancées significatives.
La mise en place de l'Observatoire National des Droits de l'Homme traduit aussi la volonté du Président de la République et du Premier Ministre d'institutionnaliser les structures de défense des Droits de l'Homme en Guinée. Mieux l'inscription de la création du Médiateur de la République dans les attributions dévolues à la Primature est une réponse par rapport à certains éléments du diagnostic social. En effet permettre aux administrés d'avoir un recours pour les aider à mieux se pourvoir devant la toute puissance de l'administration compensera le déficit de confiance entre l'administration et les populations et aussi limitera les abus de pouvoir. Les instruments institutionnels pour enraciner les bonnes pratiques citoyennes sont entrain d'être mis en place. Comme vous le voyez, la volonté de changement loin d'être un « slogan politicien » est un engagement fort qui cimente la cohésion et la solidarité du Gouvernement de larges ouvertures.
Mesdames et Messieurs,
La mise en place d'un Gouvernement de larges ouvertures avec la participation des partis de l'opposition est un fait inédit dans l'histoire politique de la Guinée indépendante. C'est la première fois dans l'histoire moderne de notre pays que les guinéens de toutes les sensibilités politiques sont réunis ensemble pour prendre à bras de corps les problèmes dont notre pays est confronté. Reconnaissons que cette décision du Président de la République et du Premier Ministre va dans le sens de rapprocher le pouvoir des citoyens.
Dans ce nouveau contexte, les prochaines élections législatives s'inscrivent dans un environnement très favorable. D'un côté une CENI exigeante et vigilante, un gouvernement de larges ouvertures où des partis de l'opposition sont représentés de l'autre, permettront d'asseoir les conditions d'une compétition loyale, transparente et apaisée pour les prochaines consultations électorales. Toutefois il faut nécessairement que les partis politiques jouent effectivement leur rôle tel indiqué dans la charte des partis politiques. Il est vrai et incontestable que les prochaines élections législatives sont essentielles pour relégitimer le parlement de notre pays. C'est une étape essentielle pour la stabilité de la Guinée. Le Ministère de l'Administration du Territoire et des Affaires Politiques se fait un point d'honneur de réussir avec la CENI à organiser de manière correcte nos prochaines législatives.
Mesdames et Messieurs,
Le Président de la République et le Premier Ministre ont insisté sur la nécessité d'être à l'écoute des populations et d'être suffisamment attentif à leurs aspirations .Le Premier Ministre dans son allocution d'investiture a mis la Réconciliation Nationale comme la priorité de sa politique. En effet comment gagner la bataille du redressement économique si le tissu social est miné ? Comment restaurer l'autorité de l'Etat si les murs de méfiance entre les communautés ethniques et régionales ne sont pas brisés ? Comment raffermir le sentiment national si la conscience collective citoyenne est absente ? Enfin comment assurer la promotion de la bonne gouvernance si les égoïsmes et les corporatismes sont rois. Le développement de la Guinée passe nécessairement par l'émergence d'une société réconciliée avec elle-même , d'un pays ayant des institutions stables et légitimes ,d'un Etat au service de tous ses enfants sans discrimination et sans exclusive.
Nous sommes chargés de mener ce volet de la politique gouvernementale. Avec vous, nous le ferons .Nous pouvons réussir car nous sommes des héritiers de cultures et de civilisations plusieurs fois centenaires.
Osons regarder en face les réalités de notre pays, pour le projeter vers un avenir possible, réaliste et heureux.
Nous le pouvons si nous le voulons.
Vive les journées nationales de dialogue et d'initiatives pour enfin donner une chance à la Guinée.
Je vous remercie de votre bien aimable attention.
Amadou Oury BAH
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