Ex-Ministre de Réconcialiation Nationale , de la Solidarité et des Rélations avec les Institutions
Son Excellence Amadou Oury BAH, Ministre
« Nous devons tourner le regard vers l’avenir, agir maintenant pour régler les problèmes d’hier et du présent, afin de préserver les acquis du pays et ne pas hypothéquer le destin collectif de la nation »
Le Ministère de la Réconciliation Nationale, de la Solidarité et des Relations avec les Institutions est un nouveau département qui fait partie des 33 ministères qui composent le gouvernement formé par l’actuel Premier Ministre, Dr Ahmed Tidjane SOUARE. La mission dévolue à ce Ministère, comme son nom l’indique, est de réconcilier la société guinéenne avec elle-même, qui a connu des frustrations dues aux abus du pouvoir, durant ces 50 dernières années et des troubles sociaux sans précédents. Raison pour laquelle la création de ce Département a suscité beaucoup d’espoir chez bon nombre d’observateurs Nationaux et Internationaux. Nommé a ce poste pour relever ce grand défit national, SE Amadou Oury BAH compte faire les bouchées double pour ramener les guinéens à de meilleurs sentiments et les réconcilier pour donner du souffle nouveau à la dynamique du changement sollicité par le peuple pour une Guinée unie , indivisible et prospère. Le Mercredi 30 juillet, le Ministre était l’invité de l’émission « Matinée Plurielle » sur les ondes de la radio FM Liberté.
FM Liberté : Son Excellence, à la nouvelle nomenclature Gouvernementale il y a eu 33 postes Ministériels et 3 Secrétariats Généraux qui ont été mis en place. Votre département fait partie des nouveautés de ce nouveau gouvernement. Pouvez vous nous expliquer le concept de la Réconciliation Nationale ?
SE Amadou Oury BAH : Comme vous le savez la Guinée durant ces 50 dernières années a traversé des périodes extrêmement troublée avec de profonds clivages en son sein. Et pour revenir à l’actualité nous vivons depuis 2006 une période troublée avec un tissu social complètement éprouvé. Ceci étant dû aux grèves générales, que le pays a connues entre 2006 et 2007 avec un soulèvement national du peuple guinéen qui réclamait le changement de la manière dont le pays est géré. Je pense que dans la phase actuelle il y a eu une 1ère tentative de réponse avec l’ancienne équipe gouvernementale venu juste après février 2007.Mais pour des raisons diverses cette expérience n’a pas donné les résultats escomptés. Ce n’est pas la peine de rentrer dans les détails pour parler des responsabilités qui ont fait que ces résultats n’ont pas été satisfaisants. Mais aujourd’hui il faut prendre le chantier de la réconciliation nationale pour ressouder le tissu social fortement ébranlé. Et je crois que c’est la raison pour laquelle le Président de la République, le Général Lansana CONTE et le Premier Ministre, chef du gouvernement Ahmed Tidjane SOUARE ont mis en place cette nomenclature avec la création de ce Ministère. Pour la suite, il nous appartient de travailler, de prendre en charge les grands problèmes qui ont divisé les guinéens et qui constituent des sources de méfiance des uns vis-à-vis des autres. Nous devons mettre en place une démarche pédagogique qui permettra à tous les bords de ce sentir concerner par rapport au devenir de la nation guinéenne. Qu’entre les victimes et les acteurs de certains abus du pouvoir, qu’on essaye de voir comment défricher le terrain pour rapprocher les uns et les autres dans le cadre d’une vraie dynamique de réconciliation nationale. Il n’est pas question d’occulter non plus les responsabilités, mais il faut donner une chance à la Guinée. Et aujourd’hui, les sollicitations et les attentes des populations étant très nombreuses, je pense que nous devons accélérer le processus. Ce qui justifie la raison d’être de ce Ministère.
FM Liberté : Effectivement M le Ministre, mais à quoi peuvent s’attendre les guinéens avec la présence de ce département dans le gouvernement ?
BAO : Bon, je pense que la 1ère des choses à faire, c’est d’aller en profondeur. Il y’a des acteurs essentiels de la vie politique dans ce pays qui ont été pendant très longtemps mis de coté, marginaliser ou que leur intervention dans le cadre social n’a pas été suffisamment pris en compte. Je pense en l’occurrence aux quatre (4) Coordinations Régionales du Pays. C’est pourquoi dès la première semaine de de ma prise de fonction, nous avons eu, avec des collaborateurs à faire le tour des quatre (4) Coordinations Régionales à Conakry. Cette série de prise de contact a été clôturée par la rencontre du Premier Ministre et l’ensemble des Coordinations Régionales, le 12 juillet, au siège de la Coordination Régionale de la Guinée Forestière. C’est pour dire qu’il y a une volonté du Gouvernement de prendre en charge, fondamentalement la société pour aller en profondeur dans le cadre de la prise en compte de tout le monde (sages, notables), qui œuvre de manière désintéressé à rassembler les filles et les fils de ce pays. Qu’ils sachent que le gouvernement prend en considération au même titre qu’eux, les problèmes de la réconciliation, de la concorde nationale, et qu’il a des partenaires essentiels dans le cadre de la décrispation des relations inter communautaires et de la prévention d’éventuels conflits. Ce, pour essayer de renforcer de manière idoine la démocratie en Guinée. Aussi, en plus des institutions formelles qui existent il faut que la société civile, j’allais dire traditionnelle avec les leaders religieux ou spirituels et d’autres personnes beaucoup écoutées, interviennent désormais au niveau officiel dans le cadre d’un partenariat effectif avec le Ministère, et participer à l’orientation de l’action des pouvoirs publics dans la gestion et dans la gouvernance du pays.
FM Liberté : Nombreux sont les guinéens qui restent à leur réserve et qui pensent que le concept de la réconciliation est flou. Qu’en dites-vous ?
BAO : Non, je pense qu’avec la population à la base il n’y a pas de problèmes. Mais il ne faut pas aussi occulter les contractions qui existent au sein de la société guinéenne. Le pays a été fortement marqué par des troubles sociaux durant ces 50 dernières années. En remontant même l’histoire on se rend compte que la violence a toujours affecté la pratique gouvernementale ou administrative. Cependant, il faut aussi reconnaître qu’aujourd’hui il y a une nette volonté de montrer que la gouvernance est au service des populations. Principalement, nous sommes en train de défricher un nouvel espace où l’esprit, la vision de la gestion administrative du pays doit être réexaminée pour repondre aux besoins et aux aspirations fondamentale des populations. Nous entendons par exemple souvent dire : « Ah vous savez que le pays est commandé ! » Ça, c’est un des concepts, c’est la vision d’une attitude autoritaire comme pour dire que les gens doivent être sous la coupe de quelqu’un. Alors que désormais il faut recenser les revendications essentielles des populations, les gens sont mûrs et veulent de ce fait des cadres responsables, acteurs du développement et sur les quels on peut compter dans la définition des grandes orientations du pays tout entier. Je pense aussi que ce sont des revendications tout à fait légitimes qui montrent que le processus démocratique dans les changements fondamentaux de la société guinéenne a atteint une certaine maturité. Et que nous devons accompagner cette maturation sociale pour être en phase avec l’évolution de notre pays. Pour ne pas qu’il y ait, à tout instant, des blocages, des chocs qui risquent de déstabiliser totalement le pays. Mais je pense que grâce au Bon Dieu nous allons éviter le pire avec l’implication des uns et des autres et la capacité des autorités guinéennes à faire prévaloir à des moments ultimes la modération. Je pense surtout que c’est ce qui nous permet, malgré les chocs forts que nous avons connus ces 2 dernières années, de progresser et de se relever progressivement d’un certain traumatisme pour que les choses évoluent de façon positive. Pour Concilier et briser les murs de méfiances qui existent entre les populations, et redonner confiance au peuple de Guinée. Que les gens sentent que la nation existe réellement, que l’esprit d’être un citoyen guinéen n’est pas quelque chose de virtuelle, c’est une réalité. Je pense surtout que la capacité des populations guinéennes à transcender les clivages régionaux, ethniques, les contraductions secondaires pour se mobiliser ensemble dans une vision collective, prouve que la Guinée est capable de s’unir pour se mouler un destin commun. En 1958, on a montré cette capacité d’union en acquerrant notre indépendance, et en janvier et février 2007, pour réclamer le changement dans la gestion des affaires de l’Etat. Ce qui montre déjà la capacité des guinéens, au-delà même des contradictions ethniques, régionales voire même politiques de s’unir et regarder dans le même sens. Surtout qu’aujourd’hui, l’objectif essentiel de la gouvernance c’est d’être en phase avec cette volonté majoritaire dans le pays pour aller dans le sens du changement et enraciner une culture démocratique, une pratique gouvernementale adéquate qui met devant, les intérêts fondamentaux des citoyens et l’intérêts national.
FM Liberté : Quelle explication donnez vous par rapport au concept de la Solidarité ?
BAO : La solidarité est un concept encore beaucoup plus fédérateur que la réconciliation nationale. La réconciliation nationale est une étape historique dans l’évolution politique de la Guinée. Et de ce point de vue si tout se passe correctement, peut être, d’ici 2 ans, voire 3 ans avec des institutions nouvelles et une pratique gouvernementale adaptée, les choses peuvent rentrer dans l’ordre. Par rapport aussi à la solidarité, c’est une réalité qu’il faut également mettre en évidence. Nous avons dans ce sens des structures bien organisées qui évoluent dans des actions positives. Comme exemple nous avons les associations des ressortissants. Mais ce sont aussi des actions émiettées qui peuvent être mieux organisées pour développer et cultiver la finance solidaire, les micros projets et tant d’autres activités. Que veut dire par exemple la solidarité ? Elle veut simplement dire que seul on ne peut pas réussir. Mais en mutualisant les efforts, c'est-à-dire en regroupant les énergies, en travaillant ensemble, il est possible d’atteindre les objectifs visés. Je crois a cet effet qu’il y a une nécessité de développer l’esprit mutualiste dans ce pays pour se soigner, pouvoir créer des unités génératrices de revenus etc. Il y a aussi l’aspect humanitaire qui compte beaucoup. Et il faut noter que grâce à cet aspect la communauté internationale s’est mobilisée pour apporter une aide substantielle à la Guinée de l’ordre de 28 millions de dollars. Dans ce cadre il faut aussi noter que c’est l’une des rare fois, que l’on bénéficie de l’action humanitaire. Certains voient cette aide de mauvais œil, mais je pense que le plus important dans ces genres de circonstance difficile, c’est d’apporter les remèdes avant de penser aux solutions structurelles qui mettront forcement de temps avant de se réaliser. Surtout il faut savoir qu’il y a de nouveaux chantiers qui vont être mis en place au niveau de la solidarité, de manière générale et de manière transversale entre la réconciliation nationale et la solidarité : c’est le développement de la citoyenneté. Et ce développement est un vaste programme qui impliquera les jeunes dans les quartiers avec des actions concrètes nous permettant de progresser. Je ne voudrais pas rentrer dans les détails, mais je dirais simplement que les responsables de ces chantiers, dans les mois à venir seront sur le terrain pour échanger et vous donner d’amples explications à propos. Pour finir par rapport à ça, je veux dire qu’il y a déjà un diagnostic national qui a été fait récemment grâce au système des nations unies (PNUD), piloter par le CES et l’ONG, IFES. Ces structures ont sillonné tout le pays, notamment les 33 préfectures et les 5 communes de Conakry. Et le diagnostic issu de ces travaux qui sera proposé lors des journées nationales de concertations ou de dialogue qui auront lieu les 12,13, et 14 Août prochains montre qu’il y a un déficit de confiance entre le pouvoir et les populations à la base. Et ce seul diagnostic justifie la création du ministère de la réconciliation nationale qui devra prendre en charge le problème, et faire avancer les choses pour rétablir un climat de confiance entre la population et ses dirigeants, entre la population et les institutions de la république, et entre les différentes communautés nationales du pays.
Auditeur : Comment est ce que vous comptez célébrer le cinquantenaire ?
BAO : Bon, le cinquantenaire est un chantier qui a été ouvert par l’ancien Premier Ministre du gouvernement précédant. L’actuel gouvernement également, va prendre en charge les gros dossiers. C'est-à-dire le cinquantenaire figure en bonne place dans les gros dossiers de l’Etat dont le conseil des ministres examinera l’orientation des actions que nous aurons à faire. Je ne veux pas m’engager à donner des détails, il y a une grille de choix qui était engagée. Et il faut retenir qu’on ne veut pas revenir totalement en arrière car on veut avancer. Mais il y a des choses qui doivent être revues pour être réorientées. Car comme l’a souligné le Premier Ministre, on ne peut pas se permettre de chanter, danser alors que les édifices publics sont en ruines, les destructions de 2006 et 2007 sont au même état, que la situation alimentaire ou économique du pays n’est pas décantée. Aussi, qu’un processus de décrispation entre les différentes communautés et les différents groupes politiques n’est pas engagé. Et surtout si le programme de préparation des élections législatives ne soit pas complètement éclairci. C'est donc tout un ensemble de problèmes qui fait qu’on reverra l’orientation de certains chantier du cinquantenaire, tout en restant dans le cape de l’instauration d’un climat de dialogue et de compréhension entre les guinéens.
M Lamarana : Vu la réticence de certains partis politiques au système en place, ne pensez vous pas rencontrer des problèmes quant à leur implication dans le processus de la réconciliation nationale ?
BAO : Je crois qu’avec l’opposition je n’ai aucun pour son implication est pas de doute de son implication effective dans une dynamique de réconciliation nationale. Surtout que depuis très longtemps, c’est une chose qu’elle a toujours réclamé et exigé. Je suis aussi convaincu que ceux qui se réclament de la mouvance également sont engagés dans cette dynamique de concertation nationale. Il faut que les gens comprennent que les formations politiques guinéennes ont toujours prouvé leur maturité et leur responsabilité. Ces dix (10) dernières années, elles ont luttés et obtenues la réalisation de beaucoup de chantier dans l’intérêt de la nation. Nous avons notamment la libanisation des ondes, la mise en place de structures régulatrices des élections, CENI etc. Qui sont l’œuvre conjointe de l’opposition et de la mouvance qui se sont retrouvées pendant des mois pour discuter et trouver un consensus. Et ce consensus a été proposé au gouvernement qui l’a l’accepté. Donc, c’est pour vous dire que de ce coté, il n y a aucun problème. D’ailleurs les journées de concertations nationales, prévues les 12, 13 et 14 Août prochains, les partis politiques de tous bords sont conviés. Aussi, c’est l’occasion de préciser que ces journées constituent un moment essentiel pour que la nation toute entière entende la voix du peuple. Et c’est quoi la vois du peuple ? Il s’agit d’un diagnostic, des constats de revendications, qui ont été faits sur l’ensemble du territoire et qui s’adressent au gouvernement, aux partis politiques, à la société civile, aux chefs religieux, aux forces armées, ce, pour indiquer qu’il y a un déficit notoire de prise en compte de l’intérêt du citoyen à la base. Ainsi chacun de nous, à n’importe quelle place où il se trouve doit apporter une réponse, faire un engagement de volonté de changer la donne pour que le pays puisse progresser.
« Nous devons tourner le regard vers l’avenir, agir maintenant pour régler les problèmes d’hier et du présent, afin de préserver les acquis du pays et ne pas hypothéquer le destin collectif de la nation »
Le Ministère de la Réconciliation Nationale, de la Solidarité et des Relations avec les Institutions est un nouveau département qui fait partie des 33 ministères qui composent le gouvernement formé par l’actuel Premier Ministre, Dr Ahmed Tidjane SOUARE. La mission dévolue à ce Ministère, comme son nom l’indique, est de réconcilier la société guinéenne avec elle-même, qui a connu des frustrations dues aux abus du pouvoir, durant ces 50 dernières années et des troubles sociaux sans précédents. Raison pour laquelle la création de ce Département a suscité beaucoup d’espoir chez bon nombre d’observateurs Nationaux et Internationaux. Nommé a ce poste pour relever ce grand défit national, SE Amadou Oury BAH compte faire les bouchées double pour ramener les guinéens à de meilleurs sentiments et les réconcilier pour donner du souffle nouveau à la dynamique du changement sollicité par le peuple pour une Guinée unie , indivisible et prospère. Le Mercredi 30 juillet, le Ministre était l’invité de l’émission « Matinée Plurielle » sur les ondes de la radio FM Liberté.
FM Liberté : Son Excellence, à la nouvelle nomenclature Gouvernementale il y a eu 33 postes Ministériels et 3 Secrétariats Généraux qui ont été mis en place. Votre département fait partie des nouveautés de ce nouveau gouvernement. Pouvez vous nous expliquer le concept de la Réconciliation Nationale ?
SE Amadou Oury BAH : Comme vous le savez la Guinée durant ces 50 dernières années a traversé des périodes extrêmement troublée avec de profonds clivages en son sein. Et pour revenir à l’actualité nous vivons depuis 2006 une période troublée avec un tissu social complètement éprouvé. Ceci étant dû aux grèves générales, que le pays a connues entre 2006 et 2007 avec un soulèvement national du peuple guinéen qui réclamait le changement de la manière dont le pays est géré. Je pense que dans la phase actuelle il y a eu une 1ère tentative de réponse avec l’ancienne équipe gouvernementale venu juste après février 2007.Mais pour des raisons diverses cette expérience n’a pas donné les résultats escomptés. Ce n’est pas la peine de rentrer dans les détails pour parler des responsabilités qui ont fait que ces résultats n’ont pas été satisfaisants. Mais aujourd’hui il faut prendre le chantier de la réconciliation nationale pour ressouder le tissu social fortement ébranlé. Et je crois que c’est la raison pour laquelle le Président de la République, le Général Lansana CONTE et le Premier Ministre, chef du gouvernement Ahmed Tidjane SOUARE ont mis en place cette nomenclature avec la création de ce Ministère. Pour la suite, il nous appartient de travailler, de prendre en charge les grands problèmes qui ont divisé les guinéens et qui constituent des sources de méfiance des uns vis-à-vis des autres. Nous devons mettre en place une démarche pédagogique qui permettra à tous les bords de ce sentir concerner par rapport au devenir de la nation guinéenne. Qu’entre les victimes et les acteurs de certains abus du pouvoir, qu’on essaye de voir comment défricher le terrain pour rapprocher les uns et les autres dans le cadre d’une vraie dynamique de réconciliation nationale. Il n’est pas question d’occulter non plus les responsabilités, mais il faut donner une chance à la Guinée. Et aujourd’hui, les sollicitations et les attentes des populations étant très nombreuses, je pense que nous devons accélérer le processus. Ce qui justifie la raison d’être de ce Ministère.
FM Liberté : Effectivement M le Ministre, mais à quoi peuvent s’attendre les guinéens avec la présence de ce département dans le gouvernement ?
BAO : Bon, je pense que la 1ère des choses à faire, c’est d’aller en profondeur. Il y’a des acteurs essentiels de la vie politique dans ce pays qui ont été pendant très longtemps mis de coté, marginaliser ou que leur intervention dans le cadre social n’a pas été suffisamment pris en compte. Je pense en l’occurrence aux quatre (4) Coordinations Régionales du Pays. C’est pourquoi dès la première semaine de de ma prise de fonction, nous avons eu, avec des collaborateurs à faire le tour des quatre (4) Coordinations Régionales à Conakry. Cette série de prise de contact a été clôturée par la rencontre du Premier Ministre et l’ensemble des Coordinations Régionales, le 12 juillet, au siège de la Coordination Régionale de la Guinée Forestière. C’est pour dire qu’il y a une volonté du Gouvernement de prendre en charge, fondamentalement la société pour aller en profondeur dans le cadre de la prise en compte de tout le monde (sages, notables), qui œuvre de manière désintéressé à rassembler les filles et les fils de ce pays. Qu’ils sachent que le gouvernement prend en considération au même titre qu’eux, les problèmes de la réconciliation, de la concorde nationale, et qu’il a des partenaires essentiels dans le cadre de la décrispation des relations inter communautaires et de la prévention d’éventuels conflits. Ce, pour essayer de renforcer de manière idoine la démocratie en Guinée. Aussi, en plus des institutions formelles qui existent il faut que la société civile, j’allais dire traditionnelle avec les leaders religieux ou spirituels et d’autres personnes beaucoup écoutées, interviennent désormais au niveau officiel dans le cadre d’un partenariat effectif avec le Ministère, et participer à l’orientation de l’action des pouvoirs publics dans la gestion et dans la gouvernance du pays.
FM Liberté : Nombreux sont les guinéens qui restent à leur réserve et qui pensent que le concept de la réconciliation est flou. Qu’en dites-vous ?
BAO : Non, je pense qu’avec la population à la base il n’y a pas de problèmes. Mais il ne faut pas aussi occulter les contractions qui existent au sein de la société guinéenne. Le pays a été fortement marqué par des troubles sociaux durant ces 50 dernières années. En remontant même l’histoire on se rend compte que la violence a toujours affecté la pratique gouvernementale ou administrative. Cependant, il faut aussi reconnaître qu’aujourd’hui il y a une nette volonté de montrer que la gouvernance est au service des populations. Principalement, nous sommes en train de défricher un nouvel espace où l’esprit, la vision de la gestion administrative du pays doit être réexaminée pour repondre aux besoins et aux aspirations fondamentale des populations. Nous entendons par exemple souvent dire : « Ah vous savez que le pays est commandé ! » Ça, c’est un des concepts, c’est la vision d’une attitude autoritaire comme pour dire que les gens doivent être sous la coupe de quelqu’un. Alors que désormais il faut recenser les revendications essentielles des populations, les gens sont mûrs et veulent de ce fait des cadres responsables, acteurs du développement et sur les quels on peut compter dans la définition des grandes orientations du pays tout entier. Je pense aussi que ce sont des revendications tout à fait légitimes qui montrent que le processus démocratique dans les changements fondamentaux de la société guinéenne a atteint une certaine maturité. Et que nous devons accompagner cette maturation sociale pour être en phase avec l’évolution de notre pays. Pour ne pas qu’il y ait, à tout instant, des blocages, des chocs qui risquent de déstabiliser totalement le pays. Mais je pense que grâce au Bon Dieu nous allons éviter le pire avec l’implication des uns et des autres et la capacité des autorités guinéennes à faire prévaloir à des moments ultimes la modération. Je pense surtout que c’est ce qui nous permet, malgré les chocs forts que nous avons connus ces 2 dernières années, de progresser et de se relever progressivement d’un certain traumatisme pour que les choses évoluent de façon positive. Pour Concilier et briser les murs de méfiances qui existent entre les populations, et redonner confiance au peuple de Guinée. Que les gens sentent que la nation existe réellement, que l’esprit d’être un citoyen guinéen n’est pas quelque chose de virtuelle, c’est une réalité. Je pense surtout que la capacité des populations guinéennes à transcender les clivages régionaux, ethniques, les contraductions secondaires pour se mobiliser ensemble dans une vision collective, prouve que la Guinée est capable de s’unir pour se mouler un destin commun. En 1958, on a montré cette capacité d’union en acquerrant notre indépendance, et en janvier et février 2007, pour réclamer le changement dans la gestion des affaires de l’Etat. Ce qui montre déjà la capacité des guinéens, au-delà même des contradictions ethniques, régionales voire même politiques de s’unir et regarder dans le même sens. Surtout qu’aujourd’hui, l’objectif essentiel de la gouvernance c’est d’être en phase avec cette volonté majoritaire dans le pays pour aller dans le sens du changement et enraciner une culture démocratique, une pratique gouvernementale adéquate qui met devant, les intérêts fondamentaux des citoyens et l’intérêts national.
FM Liberté : Quelle explication donnez vous par rapport au concept de la Solidarité ?
BAO : La solidarité est un concept encore beaucoup plus fédérateur que la réconciliation nationale. La réconciliation nationale est une étape historique dans l’évolution politique de la Guinée. Et de ce point de vue si tout se passe correctement, peut être, d’ici 2 ans, voire 3 ans avec des institutions nouvelles et une pratique gouvernementale adaptée, les choses peuvent rentrer dans l’ordre. Par rapport aussi à la solidarité, c’est une réalité qu’il faut également mettre en évidence. Nous avons dans ce sens des structures bien organisées qui évoluent dans des actions positives. Comme exemple nous avons les associations des ressortissants. Mais ce sont aussi des actions émiettées qui peuvent être mieux organisées pour développer et cultiver la finance solidaire, les micros projets et tant d’autres activités. Que veut dire par exemple la solidarité ? Elle veut simplement dire que seul on ne peut pas réussir. Mais en mutualisant les efforts, c'est-à-dire en regroupant les énergies, en travaillant ensemble, il est possible d’atteindre les objectifs visés. Je crois a cet effet qu’il y a une nécessité de développer l’esprit mutualiste dans ce pays pour se soigner, pouvoir créer des unités génératrices de revenus etc. Il y a aussi l’aspect humanitaire qui compte beaucoup. Et il faut noter que grâce à cet aspect la communauté internationale s’est mobilisée pour apporter une aide substantielle à la Guinée de l’ordre de 28 millions de dollars. Dans ce cadre il faut aussi noter que c’est l’une des rare fois, que l’on bénéficie de l’action humanitaire. Certains voient cette aide de mauvais œil, mais je pense que le plus important dans ces genres de circonstance difficile, c’est d’apporter les remèdes avant de penser aux solutions structurelles qui mettront forcement de temps avant de se réaliser. Surtout il faut savoir qu’il y a de nouveaux chantiers qui vont être mis en place au niveau de la solidarité, de manière générale et de manière transversale entre la réconciliation nationale et la solidarité : c’est le développement de la citoyenneté. Et ce développement est un vaste programme qui impliquera les jeunes dans les quartiers avec des actions concrètes nous permettant de progresser. Je ne voudrais pas rentrer dans les détails, mais je dirais simplement que les responsables de ces chantiers, dans les mois à venir seront sur le terrain pour échanger et vous donner d’amples explications à propos. Pour finir par rapport à ça, je veux dire qu’il y a déjà un diagnostic national qui a été fait récemment grâce au système des nations unies (PNUD), piloter par le CES et l’ONG, IFES. Ces structures ont sillonné tout le pays, notamment les 33 préfectures et les 5 communes de Conakry. Et le diagnostic issu de ces travaux qui sera proposé lors des journées nationales de concertations ou de dialogue qui auront lieu les 12,13, et 14 Août prochains montre qu’il y a un déficit de confiance entre le pouvoir et les populations à la base. Et ce seul diagnostic justifie la création du ministère de la réconciliation nationale qui devra prendre en charge le problème, et faire avancer les choses pour rétablir un climat de confiance entre la population et ses dirigeants, entre la population et les institutions de la république, et entre les différentes communautés nationales du pays.
Auditeur : Comment est ce que vous comptez célébrer le cinquantenaire ?
BAO : Bon, le cinquantenaire est un chantier qui a été ouvert par l’ancien Premier Ministre du gouvernement précédant. L’actuel gouvernement également, va prendre en charge les gros dossiers. C'est-à-dire le cinquantenaire figure en bonne place dans les gros dossiers de l’Etat dont le conseil des ministres examinera l’orientation des actions que nous aurons à faire. Je ne veux pas m’engager à donner des détails, il y a une grille de choix qui était engagée. Et il faut retenir qu’on ne veut pas revenir totalement en arrière car on veut avancer. Mais il y a des choses qui doivent être revues pour être réorientées. Car comme l’a souligné le Premier Ministre, on ne peut pas se permettre de chanter, danser alors que les édifices publics sont en ruines, les destructions de 2006 et 2007 sont au même état, que la situation alimentaire ou économique du pays n’est pas décantée. Aussi, qu’un processus de décrispation entre les différentes communautés et les différents groupes politiques n’est pas engagé. Et surtout si le programme de préparation des élections législatives ne soit pas complètement éclairci. C'est donc tout un ensemble de problèmes qui fait qu’on reverra l’orientation de certains chantier du cinquantenaire, tout en restant dans le cape de l’instauration d’un climat de dialogue et de compréhension entre les guinéens.
M Lamarana : Vu la réticence de certains partis politiques au système en place, ne pensez vous pas rencontrer des problèmes quant à leur implication dans le processus de la réconciliation nationale ?
BAO : Je crois qu’avec l’opposition je n’ai aucun pour son implication est pas de doute de son implication effective dans une dynamique de réconciliation nationale. Surtout que depuis très longtemps, c’est une chose qu’elle a toujours réclamé et exigé. Je suis aussi convaincu que ceux qui se réclament de la mouvance également sont engagés dans cette dynamique de concertation nationale. Il faut que les gens comprennent que les formations politiques guinéennes ont toujours prouvé leur maturité et leur responsabilité. Ces dix (10) dernières années, elles ont luttés et obtenues la réalisation de beaucoup de chantier dans l’intérêt de la nation. Nous avons notamment la libanisation des ondes, la mise en place de structures régulatrices des élections, CENI etc. Qui sont l’œuvre conjointe de l’opposition et de la mouvance qui se sont retrouvées pendant des mois pour discuter et trouver un consensus. Et ce consensus a été proposé au gouvernement qui l’a l’accepté. Donc, c’est pour vous dire que de ce coté, il n y a aucun problème. D’ailleurs les journées de concertations nationales, prévues les 12, 13 et 14 Août prochains, les partis politiques de tous bords sont conviés. Aussi, c’est l’occasion de préciser que ces journées constituent un moment essentiel pour que la nation toute entière entende la voix du peuple. Et c’est quoi la vois du peuple ? Il s’agit d’un diagnostic, des constats de revendications, qui ont été faits sur l’ensemble du territoire et qui s’adressent au gouvernement, aux partis politiques, à la société civile, aux chefs religieux, aux forces armées, ce, pour indiquer qu’il y a un déficit notoire de prise en compte de l’intérêt du citoyen à la base. Ainsi chacun de nous, à n’importe quelle place où il se trouve doit apporter une réponse, faire un engagement de volonté de changer la donne pour que le pays puisse progresser.
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